L'Opep s'attend à voir monter la production de ses rivaux

jeudi 28 mai 2015 11h02
 

LONDRES (Reuters) - Le boom pétrolier de l'Amérique du Nord n'est pas remis en cause par la chute du prix du baril, constate l'Opep dans son rapport le plus détaillé depuis le début de l'année, qui laisse entendre que la situation actuelle de surproduction pourrait persister pendant deux ans.

Ce projet de rapport quinquennal sur la stratégie à long terme de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, dont Reuters a pu prendre connaissance avant la réunion ministérielle du 5 juin à Vienne, table sur une augmentation de la production de brut extérieure au cartel au moins jusqu'en 2017.

La faiblesse relative de la demande devrait donc se traduire par une baisse de la demande de bruts de l'Opep, estimée à 28,2 millions de barils par jour (bpj) en 2017 contre 30 millions aujourd'hui.

Si ce scénario se confirme, l'organisation devra trancher entre deux options: réduire sa production, qui avoisine actuellement 31 millions de bpj, ou se préparer à vivre durablement avec des prix bas.

"Depuis juin 2014, les prix du pétrole ont subi une réduction marquée, touchant des niveaux encore inférieurs à ceux de la crise de 2008, et pourtant l'offre non-Opep montre encore des signes de croissance", explique le projet de rapport.

Le prix du baril de Brent, qui avait atteint 115 dollars en juin 2014, a chuté ensuite, plombé par l'essor de la production de pétrole de schiste américain et par la décision adoptée par l'Opep en novembre dernier de ne pas réduire sa production.

Cette décision avait pour objectifs la préservation des parts de marché du cartel et la baisse de la production nord-américaine, dont les prix de revient sont supérieurs aux siens. Mais cette stratégie a échoué, le pétrole de schiste se montrant plus résistant qu'attendu.

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Le boom pétrolier de l'Amérique du Nord n'est pas remis en cause par la chute du prix du baril, constate l'Opep dans son rapport le plus détaillé depuis le début de l'année, qui laisse entendre que la situation actuelle de surproduction pourrait persister pendant deux ans. /Photo d'archives/REUTERS/Mohammed Ameen