Thales n'attend pas de grandes fusions et rachats dans la défense

jeudi 21 mai 2015 17h27
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Le PDG de Thales a déclaré jeudi qu'il ne s'attendait pas dans un proche avenir à de grands mouvements de fusions-acquisitions dans la défense, l'équipementier visant plutôt lui-même des rachats ciblés d'entreprises dans le civil.

Thales aura des "approches pragmatiques", a observé de son côté Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, premier actionnaire industriel de l'équipementier, écartant la perspective d'une fusion de celui-ci avec Selex, filiale de l'italien Finmeccanica, un scénario parfois évoquée par des analystes.

"Je ne vois pas de grands mouvements à très court terme après l'échec de la fusion EADS-BAE qui en a refroidi beaucoup", a observé Patrice Caine, le PDG de Thales, faisant référence à la fusion avortée en 2012 entre EADS (devenu Airbus Group) et le britannique BAE Systems.

La consolidation européenne de la défense est en panne depuis une première vague dans les années 1990, avec notamment la création du fabricant d'hélicoptères Eurocopter, puis dans les années 2000 avec les naissances d'EADS et de BAE.

"Depuis, on n'a rien vu", a observé le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon, lors d'une conférence sur la défense organisée par Les Echos.

L'Etat, dont dépend la direction générale de l'armement (DGA), est le premier actionnaire de Thales avec 26% - devant Dassault Aviation avec 25% - et du constructeur naval militaire DCNS avec 64% du capital (Thales en possédant 35%).

Selon Eric Trappier, seule une fusion entre deux entreprises saines peut réussir, évoquant le contre-exemple de la fusion Alcatel-Lucent, qui a donné naissance en 2006 à un ensemble aujourd'hui sur le point d'être racheté par Nokia.

"Ce n'est pas parce que Bombardier est en difficulté que je vais le racheter", a-t-il ajouté, faisant référence à l'annonce le 14 mai par le constructeur canadien de la suppression de 1.750 emplois dans sa division de jets d'affaires.   Suite...

 
Le PDG de Thales, Eric Trappier, a déclaré qu'il ne s'attendait pas dans un proche avenir à de grands mouvements de fusions-acquisitions dans la défense, l'équipementier visant plutôt lui-même des rachats ciblés d'entreprises dans le civil. /Photo prise le 11 mars 2015/REUTERS/Christian Hartmann