20 mai 2015 / 07:09 / il y a 2 ans

Altice prend pied aux Etats-Unis en achetant Suddenlink

PARIS (Reuters) - Altice, le groupe de télécommunications fondé par l‘homme d‘affaires Patrick Drahi, a annoncé mercredi son entrée sur le marché américain avec le rachat du câblo-opérateur Suddenlink, une opération qui valorise ce dernier à 9,1 milliards de dollars (8,22 milliards d‘euros).

Altice, le groupe de l'homme d'affaire Patrick Drahi, a annoncé mercredi son entrée sur le marché du câble aux Etats-Unis avec le rachat de l'opérateur Suddenlink Communications dans le cadre d'une opération valorisant cette entreprise à 9,1 milliards de dollars (8,22 milliards d'euros). Altice va acquérir 70% du capital de Suddenlink auprès de BC Partners, de CPP Investment Board et de la direction de Suddenlink. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

L‘acquisition porte sur 70% du capital de Suddenlink détenus jusqu‘à présent par BC Partners, CPP Investment Board et la direction de Suddenlink. BC Partners et CPP Investment Board vont conserver une participation de 30%.

“Notre investissement dans Suddenlink, notre premier dans le secteur du câble aux Etats-Unis, ouvre pour Altice une voie industrielle et stratégique séduisante aux Etats-Unis, l‘un des marchés des communications les plus importants et les plus dynamiques au monde”, a déclaré le directeur général d‘Altice Dexter Goei, dans un communiqué.

Suddenlink se classe au septième rang du classement des câblo-opérateurs américains avec une clientèle de 1,5 million de foyers et 90.000 entreprises, a précisé Altice. Il a réalisé l‘an dernier un chiffre d‘affaires de 2,3 milliards de dollars et un bénéfice avant impôt, charges financières, dépréciations et amortissements (Ebitda) de plus de 900 millions.

L‘accord d‘acquisition le valorise 7,6 fois l‘Ebitda ajusté des synergies, a précisé Altice.

En Bourse, l‘action Altice gagnait 7,4% à 124,15 euros à 13h45 après avoir inscrit en matinée un record historique à 126,15 euros.

A la Bourse de Paris, les valeurs du secteur étaient en revanche orientées à la baisse, certains investisseurs voyant dans l‘opération le signe qu‘Altice sera moins actif dans la consolidation du marché français.

Une source proche du dossier a déclaré qu‘Altice poursuivait ses discussions avec le deuxième câblo-opérateur américain, Time Warner Cable, dont la capitalisation avoisine 44,5 milliards de dollars.

“Altice est tout à fait intéressé par Time Warner Cable”, a dit cette source.

UNE AVENTURE SALUÉE EN BOURSE MAIS RISQUÉE

Time Warner Cable est aussi convoité par Charter Communications, le groupe du magnat des médias et des télécoms John Malone.

Ce dernier semble bien décidé à poursuivre ses acquisitions puisqu‘il a déclaré à l‘agence Bloomberg qu‘un rapprochement entre Liberty Global, sa branche européenne, et l‘opérateur mobile britannique Vodafone représenterait une “formidable complémentarité”.

Avec Suddenlink, Altice poursuit pour sa part sa stratégie de croissance externe lancée depuis son entrée en Bourse en janvier 2014.

L‘an dernier, le groupe a racheté SFR, le deuxième opérateur mobile français, qu‘il a fusionné avec le câblo-opérateur Numericable pour créer Numericable-SFR.

Il a bouclé au début du mois le rachat des 20% que Vivendi, ex-maison mère de SFR, détenait encore dans le nouvel ensemble.

Altice a aussi acquis récemment les actifs portugais du brésilien Oi et un autre opérateur en République dominicaine.

Il devrait appliquer à Suddenlink une méthode de gestion privilégiant la réduction des coûts et la rentabilité sur les volumes. Selon les analystes d‘ING, Altice vise 215 millions de dollars d‘économies par an chez Suddenlink.

Le rachat de ce dernier sera financé à hauteur de 6,7 milliards de dollars par emprunt et par endettement, de 500 millions par un prêt de BC Partners et CCP Investment Board, et de 1,2 milliard en numéraire.

Pour Javier Borrachero, analyste de Kepler, cette implantation aux Etats-Unis pourrait être risquée pour le groupe contrôlé par Patrick Drahi.

“Nous pensons que la direction d‘Altice est accaparée en ce moment par l‘intégration de SFR et de PT Portugal. Il y a aussi un risque de contre-offre, puisque Charter Communications veut lui aussi participer à la consolidation du marché.”

James Regan, avec Leila Abboud et Arno Schuetze; Marc Angrand, Patrick Vignal et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below