La Grèce souffle le chaud et le froid

mardi 5 mai 2015 21h23
 

par Lefteris Papadimas et Jan Strupczewski

ATHENES/BRUXELLES (Reuters) - La Grèce a alterné optimisme et avertissements mardi face à ses interlocuteurs de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI), desquels elle tente d'obtenir de nouveaux financements pour éviter un défaut sur sa dette.

Son ministre des Finances Yanis Varoufakis, venu à Paris puis à Bruxelles, a déclaré s'attendre à ce que l'Eurogroupe, qui se réunira lundi prochain, prenne acte de nouveaux progrès vers un compromis, ce qui ouvrirait la voie au versement d'aides financières.

"Nous aurons certainement une discussion très fructueuse le 11 mai, qui confirmera les grands progrès que nous avons accomplis et qui marquera une nouvelle avancée, une nouvelle étape dans la direction d'un accord définitif", a-t-il dit à des journalistes après un entretien avec le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Pierre Moscovici.

Ce dernier a toutefois souligné que la zone euro ne discuterait d'un financement à long terme qu'une fois conclu un accord sur un plan détaillé de réformes en Grèce.

"Ce sujet ne peut être débattu qu'une fois que nous nous serons mis d'accord sur un programme de réformes qui, je l'espère, sera cohérent, détaillé, complet et qui permettra à l'économie grecque de se redresser", a-t-il déclaré.

Ses propos semblent fermer la porte à l'espoir grec de sauter l'étape d'un accord intérimaire sur les réformes au profit d'une négociation globale sur un nouvel allégement de la dette.

L'incertitude politique a par ailleurs conduit la Commission européenne à diviser par cinq sa prévision de croissance économique pour cette année, à 0,5% seulement contre 2,5% prévu il y a encore trois mois.

Ces nouvelles, et un article du Financial Times -- démenti par Berlin -- selon lequel le FMI a menacé de couper les vivres à Athènes en l'absence d'une restructuration de la dette, ont favorisé un repli marqué de la Bourse d'Athènes, qui a perdu 3,85% sur la journée, et des autres marchés européens.   Suite...

 
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis à la sortie du siège de la Commission européenne à Bruxelles. La Grèce a alterné optimisme et avertissements mardi face à ses interlocuteurs de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI), desquels elle tente d'obtenir de nouveaux financements pour éviter un défaut sur sa dette. /Photo prise le 5 mai 2015/REUTERS/Yves Herman