L'AG de Renault laisse le débat ouvert sur l'avenir de l'alliance

jeudi 30 avril 2015 22h10
 

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - Le renforcement du pouvoir de l'Etat français sur Renault, acté jeudi à l'assemblée générale du constructeur, constitue un revers pour le PDG Carlos Ghosn et met à nu les divergences de vues qui couvaient sur l'évolution future de l'alliance avec Nissan.

L'Etat est parvenu à bloquer une résolution instaurant le principe "une action-une voix" et donc à s'assurer les droits de vote double prévus par la loi Florange. La résolution a recueilli 60,53% des voix, alors qu'il lui fallait une majorité des deux-tiers pour passer.

Même s'il entend ramener sa participation à 15% après l'AG, l'Etat français sera donc en mesure de peser davantage à l'avenir dans les destinées d'une alliance inédite dans le secteur automobile, à laquelle Carlos Ghosn a donné l'an dernier un coup d'accélérateur.

"Je ne pense pas que Carlos Ghosn ira au tapis sans donner quelques coups", déclare un responsable de l'alliance qui connaît bien le PDG de Renault-Nissan.

Le bras de fer entre l'homme qui incarne l'alliance depuis 2009 d'une part, et son principal actionnaire, est resté feutré jeudi au Carrousel du Louvre. Un des représentants de l'Etat a déclaré que son souhait était d'être un "pont entre l'entreprise et son actionnaire étatique" afin que tous deux se comprennent mieux, tandis que Carlos Ghosn a dit qu'au-delà des débats, l'essentiel était de "converger sur le fond".

La question de fond, justement, est la vitesse à laquelle Carlos Ghosn entend rapprocher Renault et Nissan, et la forme future qu'il veut donner à l'alliance entre les deux groupes.

"Ce dernier développement est vu par le PDG de Renault-Nissan comme une mise en garde pour coopérer davantage afin de préserver les emplois en France", souligne une source proche de l'alliance.

Dans son message vidéo projeté à l'AG des actionnaires, Régis Turrini, administrateur de l'Etat, a insisté lui aussi sur "le rôle très important de Renault dans l'économie française, au-delà de sa simple perception en tant qu'entreprise automobile".   Suite...

 
Le renforcement du pouvoir de l'Etat français sur Renault, acté jeudi à l'assemblée générale du constructeur, constitue un revers pour le PDG Carlos Ghosn (photo) et met à nu les divergences de vues qui couvaient sur l'évolution future de l'alliance avec Nissan. /Photo prise le 12 février 2015/REUTERS/Christian Hartmann