L'AG de Renault écarte la résolution sur les droits de vote simple

jeudi 30 avril 2015 19h57
 

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Les actionnaires de Renault ont rejeté jeudi une résolution instaurant le principe "une action une voix", défendue par le PDG Carlos Ghosn mais contestée par l'Etat français, principal actionnaire du constructeur automobile.

La 12e résolution, objet d'un bras de fer public entre le conseil d'administration de Renault et l'Etat depuis le 8 avril, a été rejetée car elle n'a pas réuni les deux-tiers des voix nécessaires pour être adoptée. Elle a recueilli 60,53% des voix pour et 39,39% des voix contre.

Ce rejet était prévisible, l'Etat français ayant porté ce mois-ci sa participation dans Renault à près de 20% afin de pouvoir bloquer la résolution et de permettre l'application de la loi Florange sur les droits de vote doubles.

L'Etat compte ainsi renforcer son influence au sein de Renault, même s'il prévoit de revenir à 15% du capital une fois l'AG passée.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron s'est félicité du rejet de la résolution par les actionnaires et a réaffirmé que l'Etat n'entendait pas descendre en deçà de 15% du capital du constructeur automobile.

"Il important que l’Etat qui est un actionnaire de long terme de Renault, puisqu’il est au capital depuis 1945, qui a accompagné l’entreprise durant la crise, qui avait encore plus de 40% à la fin des années 1990, se voie reconnaître ces droits de vote doubles pour la participation qui est la sienne et en l’espèce les 15% qu’il détient durablement", a déclaré le ministre.

"L'Etat n'ira pas en-dessous du niveau de participation qu’il avait il y a quelques semaines."

Cette décision risque toutefois de fragiliser l'alliance entre Renault et Nissan, le groupe japonais, autre grand actionnaire de Renault, étant lui dépourvu de droits de vote.   Suite...

 
Le PDG de Renault Carlos Ghosn. Les actionnaires de Renault ont rejeté jeudi une résolution instaurant le principe "une action une voix", défendue par Carlos Ghosn mais contestée par l'Etat français, principal actionnaire du constructeur automobile. /Photo prise le 12 février 2015/REUTERS/Christian Hartmann