Emmanuel Macron défend les droits de vote doubles chez Renault

jeudi 23 avril 2015 18h01
 

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a écrit au PDG de Renault, Carlos Ghosn, pour défendre la décision de l'Etat sur les droits de vote doubles et assurer qu'elle ne met pas en danger l'alliance entre Renault et Nissan, a-t-on appris de trois sources proches du dossier.

Dans ce courrier daté du 21 avril, le ministre explique à nouveau que l'obtention par l'Etat, principal actionnaire de Renault, de droits de vote doubles ne modifie pas à ses yeux l'équilibre avec l'autre grand actionnaire du constructeur français, Nissan.

"Il réaffirme complètement sa position, réitère sa confiance au président et répète qu'il est très attaché aux réussites de l'alliance entre Renault et Nissan", dit une des sources qui a eu connaissance de la lettre.

Selon elle, Emmanuel Macron laisse également entendre que l'Etat a déjà évoqué le sujet avec Carlos Ghosn dès le 11 mars, "mais qu'il est intervenu ainsi parce qu'il n'y avait peut-être pas d'autre solution"."

L'Etat français a porté cette semaine sa participation au capital de Renault à 19,74%, comme prévu dans sa déclaration du 8 avril, afin de garantir le rejet d'une résolution s'opposant à l'attribution de droits de vote doubles lors de l'assemblée générale de Renault, le 30 avril. Il compte ensuite revenir aux 15% du capital qu'il détenait auparavant, une fois les droits de vote doubles assurés.

L'ÉQUILIBRE DE L'ALLIANCE

Cette opération a été critiquée jeudi 16 avril par le conseil d'administration de Renault car elle rompt à ses yeux l'équilibre entre Renault et Nissan. Bien qu'il soit le deuxième actionnaire de Renault et que ses ventes mondiales représentent près du double de celles de son partenaire français, le groupe japonais ne détient aucun droit de vote car il est contrôlé par Renault.   Suite...

 
Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron (au centre) à côté de François Hollande), a écrit au PDG de Renault, Carlos Ghosn (à droite), pour défendre la décision de l'Etat sur les droits de vote doubles et assurer qu'elle ne met pas en danger l'alliance entre Renault et Nissan. /Photo pris ele 3 octobre 2014/REUTERS/Ian Langsdon/Pool