L'UE accuse le géant russe Gazprom d'abus de position dominante

mercredi 22 avril 2015 13h10
 

par Foo Yun Chee et Philip Blenkinsop

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne a officiellement accusé mercredi le groupe public russe Gazprom d'abus de position dominante, de surfacturations et d'entrave à la concurrence, au risque de tendre un peu plus ses relations avec Moscou.

La Commission a adressé une "communication de griefs" au monopole russe des exportations de gaz naturel, qui demeure un fournisseur clé d'énergie de l'UE en dépit de différends récurrents.

La commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager a expliqué que Gazprom empêchait ses clients de l'UE de revendre du gaz à d'autres pays, un aspect particulièrement sensible du dossier dans le contexte du conflit ukrainien.

Ouverte en septembre 2012, l'enquête des services de la Commission portait initialement sur la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie.

Depuis, le dossier a pris un tour de plus en plus politique, les relations entre l'Union et la Russie s'étant détériorées avec la confrontation Est-Ouest liée à l'Ukraine.

"Gazprom est en position dominante sur tous ces marchés", a dit Margrethe Vestager lors d'une conférence de presse, ajoutant que les premières conclusions de l'enquête de la CE montraient qu'il abusait de cette position.

"Gazprom a été en mesure de facturer des prix plus élevés dans certains pays sans craindre que (...) le gaz afflue en provenance de sources où les prix sont plus bas", a-t-elle expliqué à propos des contrats liant le groupe aux trois pays baltes, à la Pologne et à la Bulgarie.

Elle a précisé que les tarifs appliqués à certains pays pouvaient être jusqu'à 40% supérieurs à ceux facturés à d'autres.   Suite...

 
La commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager. L'Union européenne a officiellement accusé mercredi le groupe public russe Gazprom d'abus de position dominante en Pologne, en Hongrie et dans six autres pays d'Europe centrale et orientale. /Photo prise le 22 avril 2015/REUTERS/Yves Herman