16 avril 2015 / 19:24 / il y a 2 ans

Le conseil de Renault veut maintenir l'équilibre Etat/Nissan

Le conseil d'administration de Renault, qui s'est réuni jeudi soir, a demandé le maintien de l'équilibre actuel entre ses deux principaux actionnaires, l'Etat et Nissan, que des droits de votes supplémentaires pour l'Etat risquerait de compromettre. /Photo d'archives/Vincent Kessler

PARIS (Reuters) - Le conseil d'administration de Renault, qui s'est réuni jeudi soir, a demandé le maintien de l'équilibre actuel entre ses deux principaux actionnaires, l'Etat et Nissan, que des droits de votes supplémentaires pour l'Etat risquerait de compromettre.

"Le conseil d'administration de Renault demande à Carlos Ghosn de veiller à la pérennité et à l'équilibre de l'Alliance", a déclaré le groupe dans un communiqué, confirmant des informations obtenues par Reuters de source proche de Renault.

"Le conseil d'administration demande également que l'équilibre entre les deux principaux actionnaires de Renault soit maintenu lors de la prochaine assemblée générale ou restauré après celle-ci", a-t-il ajouté.

L'Etat français vient de porter temporairement sa participation dans Renault à près de 20% afin de s'assurer qu'il obtiendra des droits de vote doubles à la prochaine assemblée générale du 30 avril.

S'il compte revenir ensuite à 15% du capital, la perspective d'un doublement de ses droits par rapport aux 17% actuels est rejetée par Nissan, qui détient lui aussi 15% du capital du groupe français, mais sans droit de vote. Héritage de la prise de contrôle de Nissan par Renault en 1999, le constructeur japonais est contrôlé à 43,4% par Renault, ce qui explique qu'il soit privé de droits de vote dans le constructeur français.

En augmentant sa participation, L'Etat veut contraindre Renault à appliquer la loi Florange, qui accorde à partir de 2016 des droits de vote doubles aux investisseurs détenant des actions depuis plus de deux ans, ce qui serait le cas de l'Etat français.

"Comme le conseil d'administration de Renault, le gouvernement souhaite préserver l'alliance Renault-Nissan. L'alliance est l'avenir pour Renault", a déclaré une source dans l'entourage du ministre de l'Economie. "C'est pourquoi la montée au capital n'est que temporaire, seulement déterminée par le souhait du gouvernement que les droits de vote doubles s'appliquent."

Le conseil d'administration et son président Carlos Ghosn soutiennent une résolution qui sera présentée à l'assemblée générale du 30 avril et qui vise à maintenir le principe d'une action égal un droit de vote, s'opposant ainsi aux souhaits du gouvernement.

S'il ne renonce pas à batailler contre la résolution, l'Etat peut encore décider de descendre assez au capital pour que ses droits de vote soient ramenés à leur niveau actuel.

Au conseil de jeudi, les administrateurs représentant Nissan ont prévenu que le groupe n'accepterait pas que le fossé se creuse avec l'Etat en terme de pouvoir, et qu'il rechercherait alors les moyens de remonter à un niveau qu'il jugerait acceptable.

Selon des sources internes à Renault et Nissan, une augmentation de capital de Nissan ou une réduction de la participation de Renault dans son allié japonais ont constitué par le passé deux des options examinées car elles permettraient à Nissan d'obtenir à son tour des droits de vote dans Renault.

Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Jean-Michel Bélot

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