La France défie Bruxelles sur son effort sur le déficit

mercredi 15 avril 2015 13h23
 

par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La France a annoncé mercredi un effort de réduction de son déficit public structurel (hors effet de la conjoncture) inférieur aux souhaits des instances européennes, invoquant la nécessité de ne pas porter atteinte à la reprise de l'économie.

L'application stricte de la recommandation faite fin février par la Commission "aurait fait chuter la croissance et par là même nous aurait empêché de faire reculer le chômage", a déclaré le ministre des Finances, Michel Sapin.

"Nous avons considéré qu'une autre voie était possible", a-t-il ajouté lors de la présentation à la presse du programme de stabilité de la France pour 2015 à 2018 qui sera remis à Bruxelles.

Concrètement, le déficit structurel baissera de 0,5 point par an sur 2015, 2016 et 2017, ce qui nécessitera un effort supplémentaire de quatre milliards d'euros sur les finances publiques cette année puis cinq milliards l'an prochain, a indiqué Michel Sapin.

C'est moins que ne l'a recommandé la Commission européenne - 0,5 point cette année puis 0,8 et 0,9 point respectivement pour 2016 et 2017 - en donnant à Paris un nouveau délai de deux ans, jusqu'en 2017, pour ramener son déficit dans les clous du pacte de stabilité, sous 3% du produit intérieur brut.

Avec la Commission, "le débat est parfaitement légitime, nous le porterons", a ajouté Michel Sapin.

Le gouvernement avait dévoilé la semaine passée de nouveaux objectifs de déficit "nominaux" pour 2015, 2016 et 2017, légèrement plus ambitieux que ceux figurant dans la recommandation de l'exécutif européen, avec une trajectoire à 4% fin 2014, 3,8% en 2015, 3,3% en 2016 puis 2,7% en 2017.

La partie structurelle du déficit passerait dans le même temps à 1,6% fin 2015, 1,1% fin 2016 et 0,6% fin 2017.   Suite...

 
Le ministre des Finances, Michel Sapin à l'issue du conseil des ministres. La France a annoncé mercredi un effort de réduction de son déficit public structurel (hors effet de la conjoncture) inférieur aux souhaits des instances européennes, invoquant la nécessité de ne pas porter atteinte à la reprise de l'économie. /Photo prise le 15 avril 2015/REUTERS/Philippe Wojazer