Pas de retour à la normale pour le pétrole iranien avant 2016

lundi 6 avril 2015 14h49
 

par Timothy Gardner et Jonathan Leff

WASHINGTON/NEW YORK (Reuters) - Le retour à la normale des exportations iraniennes de pétrole n'interviendra pas avant 2016 malgré l'accord d'étape annoncé jeudi dans les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran, estiment analystes et traders.

L'accord conclu à Lausanne prévoit que les sanctions actuelles restent en place jusqu'à ce que les grandes puissances aient l'assurance que l'Iran se conforme aux nouvelles dispositions, et il donne aux négociateurs jusqu'au 30 juin pour parvenir à un règlement définitif.

Les cours du brut ont plongé de 5% à l'annonce de cette avancée mais ils regagnaient près de 3% lundi sur le sentiment que l'accord de Lausanne ne changera rien sur le court terme.

La vérification de l'application de l'accord par l'Iran, jadis le cinquième producteur mondial de pétrole, prendra "probablement des mois après la mise en oeuvre de l'accord, qui risque lui-même de manquer l'objectif du 30 juin", tempère Bob McNally, président du cabinet de consultants Rapidan Group et ancien conseiller du président George W. Bush.

"Il faudra du temps pour que le pétrole iranien revienne sur le marché mondial, pas avant 2016 au plus tôt", confirme Jason Bordoff, fondateur du Centre de politique énergétique à l'Université de Columbia et ancien conseiller du président Barack Obama.

Ce délai ne pourra que satisfaire l'Arabie saoudite, l'Irak et d'autres membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opec), qui craignaient qu'un retour rapide du pétrole iranien vienne encore aggraver la situation d'offre excédentaire sur le marché mondial, responsable de la chute de moitié des cours depuis l'été dernier.

Mais l'accord de Lausanne renforce aussi les incertitudes à l'approche de l'été alors que l'Opep tiendra le 5 juin sa première réunion ministérielle depuis qu'elle a décidé en novembre dernier de maintenir ses niveaux de production, précipitant ainsi la chute des cours.

Depuis lors, la demande mondiale a progressé plus que prévu alors que la croissance de la production américaine de pétrole de schiste ralentit fortement, deux éléments que l'Opep devra aussi prendre en compte.   Suite...

 
Le retour à la normale des exportations iraniennes de pétrole n'interviendra pas avant 2016 malgré l'accord d'étape annoncé jeudi dans les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran, estiment analystes et traders. /Photo d'archives/REUTERS/Raheb Homavandi