La fusion Lafarge-Holcim bute sur des milliards russes

vendredi 3 avril 2015 17h25
 

par Jack Stubbs et Sophie Sassard et Olga Sichkar

LONDRES/MOSCOU (Reuters) - A quelques semaines d'une assemblée générale décisive, un milliardaire russe réputé pour sa dureté en affaires semble être le principal obstacle au projet de fusion entre Lafarge et Holcim, qui vise à créer le premier cimentier mondial.

Filaret Galtchev, deuxième actionnaire d'Holcim avec 10,8% du capital, a fait progressivement monter la pression sur le groupe suisse ces derniers jours dans le but d'obtenir une renégociation des modalités de l'accord avec le français.

Ce magnat de 51 ans a rejeté les dernières modalités présentées par Holcim, pourtant révisées en faveur de ce dernier, les jugeant "insatisfaisantes et incomplètes". Mercredi, le président d'Holcim, Wolfgang Reitzle, s'est déclaré prêt à accorder à Filaret Galtchev un siège au conseil d'administration mais sa proposition a été immédiatement rejetée.

Le milliardaire russe exige un réexamen de la parité de fusion, qui prévoit pour l'instant que les actionnaires de Lafarge recevront 0,90 action Holcim pour chacun de leurs titres.

Mais Wolfgang Reitzle a exclu une telle renégociation et assure qu'il annoncera bientôt le nom du futur directeur général du nouveau groupe, ce qui est censé apaiser les inquiétudes des actionnaires.

Filaret Galtchev est en fait la figure la plus visible d'un mouvement plus large d'actionnaires d'Holcim sceptiques face au projet de fusion, présenté à l'origine, il y a un an, comme une fusion entre égaux.

Le fonds américain Harris Associates, qui a récemment porté sa participation dans le groupe suisse à 6,38%, ce qui en fait le troisième actionnaire, réserve son jugement tant qu'il ne connaîtra pas le nom du futur DG.

Pour Holcim, l'enjeu est clair: le groupe doit convaincre les deux tiers de ses actionnaires d'approuver, lors de l'assemblée générale prévue le 8 mai, l'augmentation de capital destinée à financer la fusion.   Suite...

 
A quelques semaines d'une assemblée générale décisive, le milliardaire russe Filaret Galtchev, deuxième actionnaire d'Holcim avec 10,8% du capital, réputé pour sa dureté en affaires, semble être le principal obstacle au projet de fusion entre Lafarge et le suisse, qui vise à créer le premier cimentier mondial.  /Photo prise le 1er avril 2015/REUTERS/Arnd Wiegmann