Le dollar, handicap durable pour les profits aux Etats-Unis

dimanche 22 mars 2015 18h27
 

par Sinead Carew

NEW YORK (Reuters) - La hausse rapide du dollar américain est devenue la principale menace sur les profits des entreprises américaines depuis la crise financière de 2008, au point que certains, à Wall Street, évoquent désormais une "récession des bénéfices".

Le billet vert s'est apprécié de 22% en un an face à un panier d'autres grandes devises de référence, ce qui pénalise doublement les multinationales: leurs ventes et leurs profits réalisés hors des Etats-Unis diminuent une fois convertis en dollar tandis que leur compétitivité se dégrade face aux concurrents de pays dont la monnaie se déprécie.

Dans le passé, des fluctuations d'une telle ampleur ont débouché sur ce que Bank of America Merrill Lynch appelle une "récession des bénéfices", c'est à dire au moins deux trimestres consécutifs de recul des profits par rapport à la période correspondante de l'année précédente. Pour la banque, une hausse de 25% du dollar en un an s'accompagne historiquement d'une baisse de 10% du bénéfice par action des sociétés cotées.

Ce n'est pas encore le cas mais la dégradation est bel et bien engagée. Les analystes estiment désormais qu'en 2015, la hausse des bénéfices ne devrait être que de 1,3%, alors que début janvier, ils attendaient une progression de 8,1%, selon les données Thomson Reuters.

Le bénéfice par action de l'indice Standard & Poor's-500 devrait reculer de 3,1% au premier trimestre et de 0,7% au deuxième avant de progresser légèrement au second semestre.

Près d'une entreprise du S&P-500 sur cinq a déjà averti sur ses résultats de janvier-mars et au moins 49 sociétés ont évoqué l'impact défavorable du dollar sur leurs profits, selon Thomson Reuters.

25 MILLIARDS DE CA EN MOINS AU T1   Suite...

 
La hausse rapide du dollar américain est devenue la principale menace sur les profits des entreprises américaines depuis la crise financière de 2008, au point que certains, à Wall Street, évoquent désormais une "récession des bénéfices". /Photo d'archives/REUTERS/Sukree Sukplang