Le luxe européen face aux effets pervers de la baisse de l'euro

jeudi 19 mars 2015 07h32
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - La baisse de l'euro, tout en profitant à l'industrie européenne du luxe, se révèle aussi porteuse d'importants déséquilibres auxquels les grandes marques vont devoir répondre en ajustant leurs prix en Europe et en Asie.

Chanel et l'horloger Patek Philippe ont déjà ouvert la voie dans ce sens avec, pour Chanel, des rééquilibrages de prix drastiques et inédits passant par des baisses de plus de 20% en Chine et des hausses d'environ 20% en Europe.

La griffe de la rue Cambon a également indiqué qu'elle entendait piloter ses prix à long terme de façon à ce que les écarts n'excèdent pas 10% par rapport aux prix en euro.

Tag Heuer, première marque horlogère du groupe LVMH, lui a emboîté le pas mercredi, annonçant des baisses de prix en Asie, en Suisse et aux Etats-Unis.

Avec le recul de la devise européenne, qui a perdu près du quart de sa valeur face au dollar en un an et pas moins de 12% depuis le début de l'année, les différences de prix se sont creusées entre l'Europe et le reste du monde.

Le problème le plus aigu concerne la Chine où les écarts liés aux coûts logistiques, aux droits de douane et aux taxes imposées par Pékin sur les produits de luxe, atteignent 60% voire 70% aujourd'hui avec la baisse de l'euro.

Ces différences de prix ont eu pour conséquence de vider les magasins en Chine et de nourrir des flux massifs de la clientèle chinoise - la première du luxe, pesant pour environ 30% du marché mondial - vers l'Europe.

Les dépenses des touristes chinois ont ainsi grimpé de 33,7% en janvier malgré un nouvel an tardif, après un mois de décembre déjà explosif (+49,4%), selon le cabinet Global Blue.   Suite...

 
La baisse de l'euro, tout en profitant à l'industrie européenne du luxe, se révèle aussi porteuse d'importants déséquilibres auxquels les grandes marques vont devoir répondre en ajustant leurs prix en Europe et en Asie. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer