18 mars 2015 / 18:29 / il y a 2 ans

La Fed n'est plus "patiente" mais pas pressée pour autant

Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale américiane. La Fed a franchi mercredi un pas de plus vers la première hausse de ses taux d'intérêt depuis 2006 en supprimant toute référence à une attitude "patiente" mais elle a revu en baisse ses prévisions de croissance et d'inflation et les marchés parient désormais sur un premier resserrement en septembre. /Photo prise le 18 mars 2015/Joshua Roberts

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a franchi mercredi un pas de plus vers la première hausse de ses taux d'intérêt depuis 2006 en supprimant toute référence à une attitude "patiente" mais elle a revu en baisse ses prévisions de croissance et d'inflation et les marchés parient désormais sur un premier resserrement en septembre.

Wall Street était en forte hausse après ces annonces tandis que le rendement des obligations d'Etat américaines à dix ans tombait sous 2% et que le dollar cédait du terrain, les nouvelles prévisions plaidant, aux yeux des investisseurs, contre une hausse de taux dès juin.

L'euro est ainsi repassé au-dessus de 1,08 dollar, gagnant jusqu'à plus de 2% face au billet vert.

"C'est globalement ce qu'on attendait même si certains craignaient peut-être un discours plus dur de la Fed, ce qui explique le rally auquel on assiste maintenant, puisqu'elle n'a pas évoqué de moment précis pour le relèvement des taux", a commenté John Carey, gérant de Pioneer Investment Management.

Dans le communiqué publié à l'issue d'une réunion de deux jours, le Federal Open Market Committee (FOMC) de la Fed a répété que la situation de l'emploi aux Etats-Unis continuait de s'améliorer mais il a aussi pris acte du ralentissement récent de la croissance économique.

"Le comité estime qu'il sera approprié de relever l'objectif de taux des fonds fédéraux quand il aura observé une nouvelle amélioration du marché du travail et qu'il sera raisonnablement confiant dans le retour de l'inflation vers son objectif de 2% à moyen terme", dit la Fed dans son communiqué.

Le FOMC n'exclut donc pas totalement la possibilité d'une hausse de taux en juin, mais la présidente de la banque centrale, Janet Yellen, s'est employée lors d'une conférence de presse à nuancer cette probabilité.

Elle a exclu un resserrement de la politique monétaire dès la réunion d'avril et évoqué simplement la possibilité d'une hausse lors des réunions "suivantes" avant d'ajouter : "La modification, aujourd'hui, de nos indications ne doit pas être interprétée comme le fait que nous avons décidé du moment de cette hausse."

"En d'autres termes, le simple fait que nous ayons supprimé le mot 'patient' du communiqué ne signifie pas que nous serons impatients", a-t-elle poursuivi.

PRÉVISIONS ÉCONOMIQUES REVUES EN BAISSE

Jusqu'à présent, la Fed répétait à chacune de ses réunions qu'elle adopterait une attitude patiente en matière de politique monétaire.

L'abandon de cette référence s'accompagne toutefois d'une révision à la baisse des prévisions économiques de la Fed qui traduisent son évaluation prudente de la conjoncture.

"La Fed est toujours sur la voie d'une hausse mais le rythme de cette hausse est ralenti du point de vue des anticipations de marché", note John Derrick, directeur de la recherche d'U.S. Global Investors.

La banque centrale a notamment revu en baisse ses prévisions d'inflation et elle a nettement réduit, dans ses nouvelles prévisions, ses hypothèses d'évolution des taux, surnommées les "dot plots".

Le contexte économique des dernières semaines a été mitigé : si les créations d'emploi, la demande privée et la croissance dans son ensemble continuent d'évoluer favorablement, la chute des cours du pétrole et l'envolée du dollar pourraient freiner l'inflation et l'empêcher de remonter rapidement vers l'objectif de 2% que s'est fixé la Fed.

Le prix du baril de brut léger américain (WTI) a chuté ces derniers mois et le dollar s'est apprécié de plus de 20% depuis un an face aux autres grandes devises internationales, ce qui fait baisser les prix à l'importation.

Le taux des "fed funds", le principal instrument de politique monétaire de la Réserve fédérale, est à son plus bas historique depuis décembre 2008 et sa dernière hausse remonte à juin 2006. A l'époque, confronté à la vigueur du marché immobilier et de la croissance, le FOMC l'avait porté à 5,25%.

Les investisseurs sont désormais partagés sur le moment que choisira la Fed pour entamer le relèvement de ses taux mais les contrats à terme sur les taux des "fed funds" suggéraient mercredi soir une première hausse en septembre.

Marc Angrand pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below