Des Européens rejoignent l'AIIB malgré les réserves américaines

mardi 17 mars 2015 16h03
 

SEOUL/PEKIN/PARIS (Reuters) - Après le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie ont décidé de rejoindre la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB) lancée par la Chine, au risque de s'aliéner les Etats-Unis, qui ont émis des doutes sur la gouvernance et la transparence de cette nouvelle institution.

L'annonce en a été faite par un communiqué commun des ministres français des Affaires étrangères et des Finances, Laurent Fabius et Michel Sapin, en même temps que Berlin et Rome confirmaient leur participation au projet rapportée dans un premier temps par le Financial Times.

Ils soulignent que l'AIIB aura "vocation à travailler en partenariat avec les banques multilatérales d'investissement et de développement existantes", à savoir la Banque asiatique de développement (BAD) et la Banque mondiale, et "pourra jouer un rôle important dans le financement des infrastructures dont l'Asie a un besoin majeur."

"L'AIIB participera ainsi au développement économique et social de la région et contribuera à la croissance mondiale", ajoutent-ils.

Toujours selon le communiqué, la France, l'Italie et l'Allemagne "sont désireuses de (...) travailler à la création d'une institution respectueuse des meilleures pratiques en termes de gouvernance, de sécurité, de prêts et de marchés publics".

A l'image de la Grande-Bretagne, les trois pays sont passés outre aux réticences exprimées par l'administration américaine qui s'inquiète pour la gouvernance de la nouvelle banque sous forte influence chinoise.

MEILLEURES PRATIQUES INTERNATIONALES

L'AIIB a été créée à Pékin l'an dernier avec pour objectif de promouvoir l'investissement dans les transports, l'énergie, les télécommunications et d'autres infrastructures dans les pays en développement d'Asie.   Suite...

 
Le ministre chinois des Finances, Lou Jiwei, lors de la cérémonie d'inauguration de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB). Créée à l'initiative de la Chine et considérée comme une institution concurrente de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement, l'AIIB a vu, après le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie décider de la rejoindre. /Photo prise le 24 octobre 2014/REUTERS/Takaki Yajima/Pool