L'euro faible change la donne pour les entreprises

dimanche 15 mars 2015 17h46
 

par Tom Bergin et Martinne Geller

LONDRES (Reuters) - La glissade de l'euro vers le seuil symbolique de la parité avec le dollar apporte un coup de pouce bienvenu aux entreprises exportatrices européennes et contraint leurs homologues américaines à adapter leur stratégie, sous peine de perdre des parts de marché.

Les stratégies de couverture contre les fluctuations de taux de change font que les bénéfices ne se font pas sentir tout de suite, mais d'ores et déjà les chefs d'entreprise se félicitent de pouvoir vendre moins cher à l'étranger.

"Nous avons été handicapés par la vigueur de l'euro, mais il semble maintenant que le vent est en train de tourner", a déclaré le mois dernier Jean-Paul Agon, le PDG de L'Oréal, en présentant les résultats 2014 du géant français des cosmétiques. "La forte réévaluation du dollar face à l'euro aura un effet positif très important sur le chiffre d'affaires et les profits en 2015".

Airbus, Daimler, Schneider Electric et Alstom ont aussi dit s'attendre à un effet de change très positif à la suite de la dépréciation de quelque 20% de l'euro en six mois. La monnaie européenne valait environ 1,06 dollar vendredi, contre près de 1,40 à la mi-2014.

Certaines sociétés américaines y trouvent aussi leur compte puisque la baisse de l'euro améliore les performances de leurs filiales européennes lorsqu'elles exportent et favorise la demande et les voyages en Europe.

Mais la plupart qui ont communiqué sur ce point ces dernières semaines, à l'instar d'Apple, Dupont, Priceline, Caterpillar ou General Electric, ont surtout reconnu des "vents contraires" pour leurs activités et certaines, comme Xerox, ont réduit leurs prévisions de résultats en conséquence.

Toutes cherchent à réduire leurs coûts, à accroître leur production en zone euro ou à modifier leur politique de prix pour tenter de préserver leurs marges et leurs parts de marché.

Cette adaptation doit être d'autant plus profonde que la faiblesse de l'euro semble partie pour durer, alimentée par la divergence des politiques monétaires de part et d'autre de l'Atlantique, les Etats-Unis se préparant à relever leurs taux d'intérêt quand la Banque centrale européenne commence tout juste un programme d'assouplissement quantitatif.   Suite...

 
La glissade de l'euro vers le seuil symbolique de la parité avec le dollar apporte un coup de pouce bienvenu aux entreprises exportatrices européennes et contraint leurs homologues américaines à adapter leur stratégie, sous peine de perdre des parts de marché. La monnaie européenne valait environ 1,06 dollar vendredi, contre près de 1,40 à la mi-2014. /Photo d'archives/REUTERS/Kacper Pempel