Les Grecs pourraient être consultés sur l'avenir des réformes

dimanche 8 mars 2015 18h02
 

ROME/ATHENES (Reuters) - La Grèce pourrait organiser un référendum ou de nouvelles élections législatives anticipées si ses partenaires de la zone euro rejetaient ses propositions sur sa dette et sa croissance, a déclaré le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis.

Le gouvernement de gauche du Premier ministre Alexis Tsipras, issu des élections législatives du 25 janvier, s'est promis de renégocier un programme d'aide internationale synonyme d'austérité budgétaire rigoureuse et de réformes économiques radicales.

Au terme d'un compromis passé avec les autres pays de la zone euro en février, Athènes a jusqu'à la fin avril pour détailler les réformes qui seront mises en oeuvre en échange d'un supplément d'aide. Les ministres des Finances de la zone euro se réuniront lundi à Bruxelles pour débattre d'une liste de réformes soumise par la Grèce la semaine dernière.

Si la Grèce parvient à s'entendre avec ses bailleurs de fonds internationaux sur les réformes à entreprendre, elle pourrait percevoir une dernière tranche de 1,8 milliard d'euros sur un renflouement qui totalise 240 milliards d'euros depuis 2010. Elle pourrait prétendre en outre à recevoir 1,9 milliard d'euros de bénéfices réalisés par la Banque centrale européenne (BCE) sur l'achat d'obligations grecques.

Si, au contraire, Bruxelles en venait à rejeter les propositions grecques, "des problèmes pourraient apparaître. Mais, comme mon Premier ministre l'a dit, nous ne sommes pas inamovibles. Nous pourrions en revenir à des élections, ou organiser un référendum", dit Yanis Varoufakis dans un entretien au Corriere della Sera publié dimanche.

Dans un communiqué, le ministère des Finances explique que Yanis Varoufakis répondait à des questions hypothétiques et que tout référendum aurait "évidemment trait au contenu des réformes et de la politique budgétaire" et non pas à la question de savoir si la Grèce devait rester dans la zone euro ou pas, comme le quotidien italien semblait le suggérer.

"JAMAIS DE 'GREXIT'"

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, estime quoi qu'il en soit que la Grèce ne quittera jamais la zone euro car cela causerait des "dégâts irréparables" à l'UE. "La Commission européenne est d'avis qu'il n'y aura jamais de 'Grexit'", dit-il dans un entretien au Welt am Sonntag. "Personne dans une position de responsabilité en Europe ne travaille sur une sortie de la Grèce de l'union monétaire. Ce pays est et restera membre de l'union monétaire."   Suite...

 
Athènes vue du mlont Lycabete. La Grèce pourrait organiser un référendum ou de nouvelles élections législatives anticipées si ses partenaires de la zone euro rejetaient ses propositions sur sa dette et sa croissance, a déclaré le ministre des Finances, Yanis Varoufakis. /Photo prise le 6 mars 2015/REUTERS/Yannis Behrakis