La Grèce admet qu'elle aura du mal à rembourser la BCE et le FMI

mercredi 25 février 2015 17h43
 

par Lefteris Papadimas et Stephen Brown

ATHENES/BERLIN (Reuters) - La Grèce a reconnu mercredi qu'elle aurait du mal à honorer les échéances dues au FMI et à la BCE au cours des prochains mois, tandis qu'à Berlin, le ministre allemand des Finances exprimait ouvertement ses doutes sur la fiabilité du gouvernement d'Alexis Tsipras.

Au lendemain du feu vert de la zone euro à la prolongation de quatre mois de l'aide financière à Athènes, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a dressé un tableau sans concession de la situation financière de son pays.

"Nous n'aurons pas de problème de liquidité dans le secteur public mais nous aurons vraiment un problème pour rembourser des échéances au FMI maintenant et à la BCE en juillet", a-t-il dit à Alpha Radio.

Il n'a donné aucune estimation du montant des besoins de financement du Trésor pour cette période mais il est établi qu'Athènes doit verser environ deux milliards d'euros d'intérêts ce mois-ci à des créanciers publics et privés et rembourser un prêt du FMI de 1,6 milliard d'euros qui arrive à échéance en mars.

Il lui faudra encore 800 millions d'euros pour assurer le service de la dette en avril et quelque 7,5 milliards en juillet et en août, notamment pour rembourser des obligations détenues par la BCE et pour payer des intérêts.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a affirmé pour sa part qu'aucune aide supplémentaire ne devait être versée à la Grèce tant que cette dernière ne se pliait pas aux conditions du plan d'assistance international.

"Il s'agit maintenant de savoir si on peut croire les assurances données par le gouvernement grec ou pas. En Allemagne, les doutes sont nombreux, il faut le comprendre", a-t-il déclaré à la radio SWR2.

Comme pour nourrir la suspicion allemande, le ministre grec de l'Energie, Panagiotis Lafazanis, qui appartient à l'aile la plus radicale du parti anti-austérité Syriza, a annoncé que le gouvernement ne mettrait pas en oeuvre le projet de privatisation de la première compagnie d'électricité du pays, PPC et de l'opérateur de réseaux électriques ADMIE.   Suite...

 
Dans une rue d'Athènes. Au lendemain du feu vert de la zone euro à la prolongation de quatre mois de l'aide financière à Athènes, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a reconnu que son pays aurait du mal à honorer les échéances dues au FMI et à la BCE au cours des prochains mois. /Photo prise le 25 février 2015/REUTERS/Alkis Konstantinidis