Malgré un rebond, les OPA hostiles restent délicates à mener

vendredi 13 février 2015 17h09
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - La reprise des fusions-acquisitions depuis près de deux ans en Europe a montré que les entreprises avaient à nouveau le goût des grandes manoeuvres, mises en sommeil pendant la crise financière, mais plusieurs ont mordu la poussière en se lançant dans des raids hostiles ou perçus comme tels.

L'environnement actuel de croissance économique anémique en Europe et de tensions géopolitiques incite les entreprises à privilégier des approches négociées en amont et soutenues par leurs cibles pour éviter des opérations trop risquées et à l'issue incertaine, estiment des banquiers d'affaires.

S'ajoute un examen de plus en plus pointilleux des questions de concurrence par les autorités de régulation, qui alimente la prudence.

"Dans un environnement qui est loin d'être stabilisé, les entreprises ne peuvent se permettre de se lancer dans des opérations trop risquées", explique François Kayat, associé-gérant chez Lazard. "Plus il y a d'hostilité, plus le risque d'exécution est élevé."

Le banquier d'affaires note toutefois qu'il n'y a "pas fondamentalement davantage d'obstacles techniques à mener des OPA hostiles".

DES TENTATIVES MAIS BEAUCOUP D'ÉCHECS

Saint-Gobain, qui veut prendre le contrôle du suisse Sika, se heurte depuis deux mois à une vive opposition de l'état-major du groupe helvétique, un bras de fer qui fait naître des interrogations sur l'issue de l'accord, déjà conclu.   Suite...

 
La reprise des fusions-acquisitions depuis près de deux ans en Europe a montré que les entreprises avaient à nouveau le goût des grandes manoeuvres, mises en sommeil pendant la crise financière, mais plusieurs ont mordu la poussière en se lançant dans des raids hostiles ou perçus comme tels. Ainsi Saint-Gobain, qui veut prendre le contrôle du suisse Sika, se heurte à une vive opposition de l'état-major du groupe de chimie. /Photos d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen/Arnd Wiegmann