13 février 2015 / 06:56 / il y a 3 ans

La croissance au ralenti fin 2014, espoir de mieux pour 2015

La croissance de l'économie française a ralenti à 0,1% au quatrième trimestre 2014, bien qu'elle ait commencé à toucher les dividendes de l'euro faible et du pétrole pas cher, deux éléments qui augurent d'une année 2015 plus favorable. /Photo prise le 3 septembre 2014/Benoît Tessier

PARIS (Reuters) - La croissance de l'économie française a ralenti à 0,1% au quatrième trimestre 2014, bien qu'elle ait commencé à toucher les dividendes de l'euro faible et du pétrole pas cher, deux éléments qui augurent d'une année 2015 plus favorable.

Cette petite hausse fait suite à celle de 0,3% enregistrée au troisième trimestre, que l'Insee a confirmée dans les annonces faites vendredi.

Sur l'ensemble de 2014, la croissance française s'est limitée à 0,4%, soit exactement le même rythme qu'en 2012 et 2013, là où l'Allemagne a vu la sienne accélérer à 1,7% grâce à une solide fin d'année (+0,7% au 4e trimestre).

Le chiffre publié est conforme aux attentes des économistes comme du gouvernement, qui avait revu fin août sa prévision pour le produit intérieur brut 2014 à +0,4%, contre +1,0% auparavant, a rappelé le ministre des Finances Michel Sapin.

"C’est évidemment encore trop faible mais les conditions sont réunies pour permettre un redémarrage plus net de l’activité en 2015", a-t-il dit dans un communiqué.

"Les derniers signaux économiques sont encourageants et confortent notre prévision de croissance de 1% en 2015", a-t-il ajouté, en soulignant que les chefs d’entreprises dans l'industrie manufacturière avaient revu récemment à la hausse leurs projets d’investissement pour l'année.

La forte baisse des prix du pétrole depuis la fin de l'été, la politique de taux bas de la Banque centrale européenne et la baisse de l'euro qu'elle a provoquée sont autant d'éléments qui incitent à un optimisme prudent pour 2015.

Ils se font déjà sentir dans les enquêtes de confiance menées auprès des chefs d'entreprise, plus particulièrement dans l'industrie dont la production a connu un vif rebond en décembre, évitant sans doute au PIB français de finir 2014 avec une croissance zéro au quatrième trimestre.

Le taux de change plus favorable de l'euro, qui a perdu plus de 15% de sa valeur par rapport au dollar depuis l'été, a aussi permis au commerce extérieur de contribuer positivement à la croissance du dernier trimestre, ce qui ne s'était pas produit depuis un an.

DÉCALAGE PERSISTANT

Pour le reste, la consommation des ménages, légèrement positive (+0,2%), a souffert de la faiblesse des dépenses en énergie du fait de la douceur des températures de l'automne, et l'investissement global a accusé un nouveau trimestre de repli.

Celui des entreprises a diminué de 0,2%, même s'il se redresse de 0,3% en moyenne sur toute l'année.

Mais la descente aux enfers de celui des ménages s'est poursuivie sur fond de marasme persistant de l'immobilier, avec une nouvelle baisse de 1,5% sur le trimestre et de 5,8% sur l'ensemble de 2014.

Pour Michel Martinez, économiste de la Société générale, ces chiffres "montrent un décalage persistant entre la France et l'Allemagne et sont une preuve supplémentaire de la faiblesse du potentiel de croissance de l'économie française."

Celle-ci aborde 2015 avec un acquis de croissance de 0,2% qui nécessitera selon lui un PIB à +0,3% sur chaque trimestre pour que l'objectif du gouvernement soit atteint.

Et si les industriels prévoient désormais une hausse de 3% de leurs investissements cette année, "il faudrait qu'ils connaissent une croissance à deux chiffres ou pas loin pour avoir une vraie reprise cyclique", estime l'économiste.

Moins pessimiste, Alexandre Mirlicourtois, directeur des études économiques de l'institut Xerfi, pointe la dernière enquête de l'Insee montrant que l'opinion des chefs d'entreprise sur leurs propres perspectives d'activité est repassée en janvier au-dessus de sa moyenne de long terme pour retrouver son meilleur niveau depuis la mi-2011.

Il ajoute que la baisse des prix du pétrole devrait se traduire par huit milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaire pour les ménages ce qui fait que, selon lui, "on peut toujours avoir de bonnes surprises pour la croissance, surtout quand on part de très bas comme maintenant".

L'Insee a annoncé séparément vendredi une légère baisse de l'emploi salarié dans le secteur privé au quatrième trimestre, marqué par la destruction nette de 5.100 postes, la hausse dans le secteur tertiaire étant insuffisante pour compenser les reculs dans la construction et l'industrie.

Dans ce dernier secteur, les effectifs salariés n'ont pas évolué positivement depuis début 2001.

Edité par Yves Clarisse

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