La Grèce, isolée, réaffirme ne plus vouloir d'aide

samedi 7 février 2015 18h49
 

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Le nouveau gouvernement grec, isolé lors de sa première réunion à haut niveau de la zone euro et mis sous pression par la Banque centrale européenne (BCE), a réaffirmé vendredi qu'il ne voulait plus d'aide conditionnée de la part de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Un responsable gouvernemental grec a précisé que la Grèce souhaitait simplement un "accord relais" avec ses créanciers, lui permettant de continuer à se financer jusqu'à ce qu'Athènes soit en mesure de présenter son programme de désendettement, mais "pas une nouvelle aide, avec des conditions, des inspecteurs, etc."

Ce dernier a ainsi réaffirmé la position du gouvernement grec alors que Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, a dramatisé les enjeux en disant qu'Athènes avait jusqu'au 16 février pour demander un prolongement de son programme d'aide, faute de quoi le soutien financier de la zone euro n'était plus assuré.

De leur côté, les agences de notation Standard & Poor's et Moody's ont enfoncé le clou. La première a abaissé sa note et la seconde placé la sienne sous surveillance en vue d'un abaissement au nom des incertitudes entourant l'issue des négociations entre la Grèce et ses créanciers.

Jeudi soir, une réunion préparatoire de hauts responsables de la zone euro n'avait permis aucune avancée car les positions d'Athènes et celles des autres pays étaient visiblement irréconciliables.

La tension était déjà montée d'un cran mercredi soir avec la décision de la Banque centrale européenne de cesser, à compter du 11 février, d'accepter les obligations d'Etat grecques comme garantie pour ses opérations de refinancement.

Cette mesure, qui revient à priver les banques grecques d'accès aux guichets de la BCE, les rend dépendantes de la "fourniture de liquidité d'urgence" (ELA), une procédure exceptionnelle reposant sur la banque centrale nationale grecque et à laquelle la BCE garde le droit de mettre fin si elle juge qu'aucun compromis ne peut être trouvé entre la Grèce et le reste de la zone euro.

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Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis. Le nouveau gouvernement grec, isolé lors de sa première réunion à haut niveau de la zone euro et mis sous pression par la Banque centrale européenne, a réaffirméi qu'il ne voulait plus d'aide conditionnée de la part de l'Union européenne et du Fonds monétaire international. /Photo prise le 7 février 2015/REUTERS/Kostas Tsironis