Tensions financières et verbales autour de la Grèce après la BCE

jeudi 5 février 2015 19h05
 

par George Georgiopoulos et Michelle Martin

ATHENES/BERLIN (Reuters) - Le ministre grec des Finances a étalé jeudi au grand jour son désaccord total avec son homologue allemand tandis que les valeurs bancaires chutaient à la Bourse d'Athènes au lendemain de la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de priver le secteur financier grec de ses financements.

Après leur entretien à Berlin, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, a expliqué avoir déclaré à Yanis Varoufakis que les promesses qui ont mené son camp au pouvoir n'étaient pas réalistes, ajoutant qu'ils s'étaient "mis d'accord sur leur désaccord".

Mais quelques instants plus tard lors de leur conférence de presse commune, Yanis Varoufakis affirmait: "Nous ne nous sommes même pas mis d'accord sur notre désaccord."

Wolfgang Schäuble a ajouté respecter le choix des électeurs grecs, qui ont placé le parti de gauche anti-austérité Syriza en tête lors des élections du 25 janvier, mais il a jugé essentiel que le nouveau gouvernement respecte les engagements pris par Athènes et qu'il coopère avec le Fonds monétaire international (FMI), la BCE et la Commission européenne.

A Athènes, le Premier ministre Alexis Tsipras a au contraire réaffirmé sa volonté de "mettre un point final" aux politiques d'austérité définies par l'UE.

"La Grèce n'acceptera plus de recevoir des ordres, notamment des ordres envoyés par courrier électronique", a-t-il dit dans un discours devant son groupe parlementaire. "La Grèce n'est plus le pauvre élève qui écoute la leçon avant de faire ses devoirs. La Grèce dispose de sa propre voix", a-t-il ajouté.

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Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis et son homologue allemand Wolfgang Schäuble, qui se sont rencontrés jeudi à Berlin, ont étalé leur désaccord total au grand jour au lendemain de la décision de la Banque centrale européenne de priver le secteur financier grec de ses financements, tandis que les valeurs bancaires chutaient à la Bourse d'Athènes. /Photo prise le 5 février 2015/REUTERS/Fabrizio Bensch