Mise sous pression par la BCE, la Grèce rejette tout "chantage"

jeudi 5 février 2015 12h32
 

par George Georgiopoulos et John O'Donnell

ATHENES/FRANCFORT (Reuters) - Les valeurs bancaires grecques rechutaient jeudi à la Bourse d'Athènes tandis que les rendements de la dette publique remontaient en flèche au lendemain de la décision de la Banque centrale européenne de priver le secteur financier du pays de ses financements.

La décision de la BCE revient à faire peser sur la seule banque centrale nationale grecque la responsabilité du financement des banques et elle marque un revers pour le gouvernement d'Alexis Tsipras, qui entend négocier un nouvel accord sur la dette publique.

L'indice des valeurs bancaires grecques a perdu jusqu'à 22,6% en début de séance et abandonnait 12,25% vers 11h10 GMT, tandis que l'indice général de la Bourse d'Athènes cédait 5,5%. Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts grecs à trois ans a pris jusqu'à plus de trois points, à près de 20%.

"La Grèce n'a l'intention d'exercer aucun chantage sur qui que ce soit et elle ne cédera à aucun chantage", a déclaré un responsable gouvernemental grec dans un communiqué. "La décision de la BCE (...) est un acte de pression politique visant à ce qu'un accord soit conclu rapidement."

Il a précisé que les banques grecques avaient obtenu le feu vert pour disposer, si nécessaire, de 10 milliards d'euros supplémentaire de financements d'urgence.

Alexis Tsipras et son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, ont consacré les derniers jours à une tournée des capitales européennes pour tenter de convaincre leurs partenaires d'appuyer une renégociation de la dette et un allègement des mesures d'austérité, tout en affirmant que leur pays n'avait pas intérêt à prolonger le plan d'aide actuel au-delà de l'échéance du 28 février.

Ils n'ont reçu que peu de soutien et il est peu probable que Yanis Varoufakis en trouve davantage jeudi à Berlin, où il devait s'entretenir avec son homologue allemand, Wolfgang Schäuble.

Pour le président français, François Hollande, la décision de la BCE "renvoie sur les Etats, sur les gouvernements les responsabilités et c'est bien légitime: c'est aux Etats, aux gouvernements, bientôt à ce qu'on appelle l'Eurogroupe, de prendre ces décisions".   Suite...

 
Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras lors de sa prestation de serment. Les valeurs bancaires grecques rechutaient jeudi à la Bourse d'Athènes tandis que les rendements de la dette publique remontaient en flèche au lendemain de la décision de la Banque centrale européenne de priver le secteur financier du pays de ses financements. /Photo prise le 5 février 2015/REUTERS/Kostas Tsironis