La BCE ne financera plus les banques grecques

jeudi 5 février 2015 08h01
 

par John O'Donnell

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé contre toute attente mercredi soir qu'elle n'accepterait plus les obligations d'Etat grecques en échange de ses opérations de financement, une décision qui reporte sur la banque centrale d'Athènes le poids du financement des banques grecques et isole la Grèce à moins qu'elle ne parvienne à un accord avec ses créanciers.

En obligeant la banque grecque à fournir des dizaines de milliards d'euros à ses banques en liquidités d'urgence dans les semaines à venir, la BCE réplique ainsi à ce que beaucoup voient à Francfort comme un abandon par le gouvernement grec du plan d'aide mis en place en échange de réformes structurelles.

Ce durcissement intervient quelques heures après que le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, à l'issue d'une rencontre avec le président de la BCE, Mario Draghi, s'était déclaré convaincu que la BCE ferait "tout ce qu'il faut" pour soutenir les Etats membres le temps des négociations.

L'initiative de la BCE, qui a requis le soutien d'une majorité des gouverneurs des banques centrales de la zone euro, montre au contraire que la consternation domine largement, non seulement à Francfort mais à travers l'ensemble des 19 membres du bloc européen.

Cette mesure, qui sera effective le 11 février, a été annoncé par la BCE après une réunion des gouverneurs à Francfort mercredi.

Elle signifie que les dizaines de milliards d'euros d'obligations d'Etat grecques, ainsi que d'obligations bancaires garanties par Athènes, ne pourront plus servir de collatéraux en échange de refinancement de ces banques par la BCE.

Ce sera désormais à la banque centrale grecque de financer les banques du pays via la fourniture de liquidités d'urgence (FLU/ELA), un financement dont elle portera le risque, isolant ainsi les difficultés de ces banques du reste de la zone euro.

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La Banque centrale européenne a annoncé contre toute attente mercredi soir qu'elle n'accepterait plus les obligations d'Etat grecques en échange de ses opérations de financement, une décision qui reporte sur la banque centrale d'Athènes le poids du financement des banques grecques.  /Photo prise le 8 janvier 2015/REUTERS/Kai Pfaffenbach