La Grèce soulage les marchés, reste à convaincre les politiques

mardi 3 février 2015 19h04
 

(Reuters) - Le projet grec qui permettrait à Athènes de lier le fardeau de sa dette à sa croissance économique a semblé enthousiasmer les marchés financiers mardi mais les réactions des décideurs politiques sont plus prudentes et les discussions entre Athènes et ses partenaires pourraient être délicates.

L'entourage du ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a laissé entendre lundi qu'il allait proposer d'échanger la dette détenue par la Banque centrale européenne (BCE) et les autres créanciers "publics" (Etats et institutions) contre des titres indexés sur la croissance et des obligations perpétuelles.

La Bourse d'Athènes a fini sur un bond de 11,27% mardi, sa meilleure performance depuis août 2011, entraînant la plupart des grandes places européennes dans son sillage. Parallèlement, le rendement des obligations grecques à 10 ans a reflué à 9,77%, sa plus forte baisse depuis 2012.

Même les informations selon lesquelles trois des quatre principales banques du pays ont commencé à faire appel à la banque centrale pour obtenir des liquidités n'ont pas suffi à gâcher la fête : l'indice grec du secteur bancaire affichait en fin de séance une hausse de près de 18%.

Les investisseurs saluent aussi les tout premiers indices montrant que la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) pourraient assouplir leur position envers Athènes. Selon le quotidien allemand Handelsblatt, BCE et FMI pourraient quitter la "troïka", bête noire du nouveau Premier ministre Alexis Tsipras, pour laisser la place à une nouvelle instance de discussion.

Yanis Varoufakis a rendez-vous mercredi à la BCE et pourrait, selon une source gouvernementale, s'entretenir d'ici la fin de la semaine avec Mario Draghi, le président de l'institution de Francfort.

Mardi, il était à Rome où il a rencontré son homologue italien, Pier Carlo Padoan, pour un entretien qu'il a qualifié de constructif. Pour Pier Carlo Padoan, qui fut longtemps l'économiste en chef de l'OCDE, "l'attention portée à la croissance est essentielle pour assurer que la dette de la Grèce soit soutenable".

A Berlin, le discours est plus prudent : la chancelière Angela Merkel a refusé de commenter les informations sur un éventuel échange de dettes.

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Statue de Platon à Athènes. Le projet grec qui permettrait à Athènes de lier le fardeau de sa dette à sa croissance économique semble enthousiasmer les marchés financiers mais les réactions des décideurs politiques sont plus prudentes et les discussions entre Athènes et ses partenaires pourraient être délicates./Photo prise le 2 février 2015/ REUTERS/Yannis Behrakis