La Grèce a besoin de Paris et Berlin pour un accord, dit Sapin

mardi 3 février 2015 10h16
 

par Ingrid Melander et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Michel Sapin met en garde la Grèce contre toute tentation d'opposer Paris et Berlin sur la question de sa dette, déclarant que le règlement de sa crise passait par un accord franco-allemand tout autant que par le respect de ses engagements.

Dans une interview accordée lors d'un sommet Reuters, le ministre français des Finances a jugé en outre "raisonnable" le délai réclamé par le nouveau gouvernement grec pour négocier un "nouveau contrat" avec ses partenaires européens, à condition qu'il présente rapidement un "cadre minimal" de réformes.

La priorité pour Athènes dans l'immédiat doit être d'obtenir que ses banques gardent un accès à la liquidité de la Banque centrale européenne (BCE) ce qui, selon lui, ne peut se faire sans contrepartie.

"Il ne sert à rien de vouloir opposer des pays de la zone euro entre eux, et surtout pas la France et l'Allemagne parce que de toute façon (...), les solutions qui pourront être trouvées pour accompagner la Grèce, tout en faisant en sorte qu'elle respecte un certain nombre d'engagements, passeront par un accord entre la France et l'Allemagne", a dit Michel Sapin.

La France, qui prône un assouplissement des règles budgétaires de la zone euro, s'est proposée comme "trait d'union" entre la Grèce et les pays les plus orthodoxes en la matière, à commencer par l'Allemagne, une des principales cibles de la coalition Syriza aujourd'hui au pouvoir pendant la dernière campagne électorale.

Mais elle prend bien soin de ne pas braquer Berlin, avec lequel elle est en contact étroit sur ce dossier pour l'assurer qu'il n'y aura pas d'alliance contre l'Allemagne.

"Je pense que c'est la période pendant laquelle j'aurai été le plus en contact avec (le ministre allemand des Finances) Wolfgang Schäuble pour éviter des incompréhensions, des crispations", a souligné Michel Sapin.

  Suite...

 
Dans une interview accordée à Reuters, Michel Sapin met en garde la Grèce contre toute tentation d'opposer Paris et Berlin sur la question de sa dette, déclarant que le règlement de sa crise passait par un accord franco-allemand tout autant que par le respect de ses engagements. /Photo prise le 2 février 2015/REUTERS/Philippe Wojazer