L'Europe entre inquiétude et espoir sur la dette grecque

jeudi 29 janvier 2015 18h57
 

ATHENES/PARIS (Reuters) - La France est prête à voir le poids de la dette grecque allégé mais pas à annuler une partie de cette dette, a déclaré jeudi le ministre des Finances Michel Sapin, réaffirmant la position de Paris dans l'attente de l'ouverture directe du débat avec Athènes sur ce sujet qui préoccupe l'ensemble de la zone euro.

Alexis Tsipras, le nouveau Premier ministre grec, n'a pas encore clairement exposé ses intentions en la matière, affirmant simplement qu'il souhaitait négocier avec les partenaires européens d'Athènes pour trouver une solution qui profite à tous, en reconnaissant que cela nécessiterait du temps.

"Discuter de la dette, oui pour en alléger le fardeau. Annuler la dette, non car ce serait transférer le poids du contribuable grec vers le contribuable français et le ministre des Finances grec a dit que ça, il n'en voulait pas et moi non plus", a dit Michel Sapin lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat.

La dette grecque, qui dépasse 320 milliards d'euros, soit 175% du produit intérieur brut (PIB), est détenue en majeure partie par les autres Etats de la zone euro et la Banque centrale européenne (BCE) depuis sa restructuration en 2012.

Alexis Tsipras a martelé mercredi sa volonté de négocier un allègement de la dette d'Athènes tout en revenant sur les mesures d'austérité imposées depuis 2010 à la population en échange d'une aide financière internationale.

Parmi ses premières décisions emblématiques de ce point de vue figure l'annulation de plusieurs privatisations, dont celle du port du Pirée, censé jusqu'à présent être cédé au groupe chinois Cosco. Pékin a d'ailleurs demandé jeudi à Athènes de "protéger les intérêts légitimes des entreprises chinoises en Grèce".

Avant de se rendre dimanche à Londres, lundi à Paris et mardi à Rome, le nouveau ministre grec des Finances Yanis Varoufakis recevra vendredi à Athènes le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem.

Sans fermer la porte à la discussion, ce dernier a exprimé jeudi ses doutes sur la capacité du gouvernement Tsipras à tenir les rênes du budget. "En toute honnêteté, si vous additionnez toutes les promesses (de la campagne électorale), le budget grec va très vite échapper à tout contrôle", a-t-il dit à Amsterdam.

  Suite...

 
Vitrine d'une boutique proposant des soldes à Athènes. Alexis Tsipras, le nouveau Premier ministre grec n'a pas encore clairement exposé ses intentions sur la dette de son pays et ce sujet préoccupe l'ensemble de la zone euro. /Photo prise le 29 janvier 2015/REUTERS/Alkis Konstantinidis