27 janvier 2015 / 13:58 / il y a 3 ans

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras dévoile son gouvernement

ATHÈNES (Reuters) - Le nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras a dévoilé mardi un gouvernement resserré essentiellement composé d‘adversaires de longue date des mesures d‘austérité imposées à la Grèce par ses créanciers internationaux qui témoigne de sa volonté de ne pas revenir sur ses promesses de campagne.

Le nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras a dévoilé mardi un gouvernement resserré essentiellement composé d'adversaires de longue date des mesures d'austérité imposées à la Grèce par ses créanciers internationaux qui témoigne de sa volonté de ne pas revenir sur ses promesses de campagne. /Photo prise le 27 janvier 2015/REUTERS/Marko Djurica

Le ministère des Finances, qui sera en première ligne des négociations qu‘Athènes entend rouvrir sur la question de sa dette, a été confiée à l‘économiste Yanis Varoufakis, qui fut le conseiller de l‘ancien Premier ministre George Papandréou entre 2009 et 2010.

Alexis Tsipras a confié le portefeuille de la Défense à Panos Kammenos, le chef de file des Grecs indépendants, la formation de droite souverainiste alliée au parti de gauche radicale Syriza.

Le poste de vice-Premier ministre revient à un autre économiste, Yannis Dragasakis, membre de longue date de Syriza.

“Nous avons une route abrupte à gravir”, a prévenu le nouveau Premier ministre, qui a prêté serment lundi au lendemain de la victoire de Syriza aux élections législatives.

“TRANSFERT CYNIQUE”

Le nouveau ministre des Finances Yanis Varoufakis combat depuis longtemps la gestion de la crise économique par l‘Europe qui, dit-il, risque de saper les fondements démocratiques du continent et de faire éclater la zone euro.

A ses yeux, répondre à la crise par la rigueur budgétaire et des réformes de compétitivité équivaut à un “transfert cynique des pertes bancaires sur les épaules des contribuables les plus faibles”.

Mais il dit ne pas vouloir aller à l‘affrontement avec les partenaires européens d‘Athènes. “Ne vous y trompez pas, ce qui commence aujourd‘hui, c‘est un processus de délibération avec nos partenaires européens”, a-t-il dit mardi matin à une radio irlandaise. “Je ne vais pas me présenter devant l‘Eurogroupe pour trouver une solution qui soit bonne pour les contribuables grecs mais mauvaise pour les contribuables irlandais, slovaques, allemands, français ou italiens.”

“TRIANGLE DE CORRUPTION”

Dans plusieurs interviews récentes, Yanis Varoufakis a également martelé sa détermination à mettre fin au règne des oligarques grecs. Il annonce dans les colonnes du quotidien Ta Nea que le premier objectif du gouvernement sera de combattre le “triangle de la corruption” entre les médias, les banques ainsi que les firmes du BTP et les fournisseurs de l‘Etat.

Alexis Tsipras entend également rouvrir le dossier des mesures d‘austérité, à commencer par celui des privatisations imposées à Athènes par ses créanciers, et de revenir sur l‘imposition de nouvelles taxes posant la question du financement de ses promesses électorales et risquant d‘envenimer ses relations avec l‘Union européenne et la zone euro.

L‘agence de notation Standard & Poor’s a d‘ailleurs prévenu lundi qu‘elle pourrait abaisser la note souveraine de la Grèce sans attendre la date de son prochain examen prévu, mi-mars, si la situation financière d‘Athènes se dégrade.

Syriza, qui a manqué à deux sièges près la majorité absolue, a conclu un accord avec le mouvement des Grecs indépendants (droite souverainiste), donnant naissance à une alliance gauche-droite inhabituelle mais soudée par l‘opposition aux conditions dont dépend l‘aide financière de la “troïka” (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international).

C‘est au nom de cette alliance que Panos Kammenos accède au poste de ministre de la Défense.

Créé en février 2012 à la suite d‘une scission au sein de Nouvelle démocratie, le parti de la droite conservatrice du Premier ministre sortant Antonis Samaras, son parti a obtenu 13 députés dans la nouvelle assemblée.

Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Nicolas Delame; pour le service français

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