La SocGen veut passer à la vitesse supérieure en Allemagne

jeudi 22 janvier 2015 14h21
 

par Matthias Blamont

FRANCFORT (Reuters) - Société générale entend accélérer sa croissance en Allemagne dans l'espoir de capter une part de marché plus importante au sein de l'économie la plus puissante de la zone euro et dont le secteur bancaire, encore très fragmenté, est amené à se consolider.

La deuxième banque française cotée, qui emploie quelque 3.100 personnes sur place, est notamment active dans le crédit à la consommation, la location automobile longue durée, le financement d'équipements, l'assurance, la gestion d'actifs, la banque de financement et d'investissement et la conservation de titres.

"L'Allemagne est le pays qui se trouve dans la meilleure situation financière (de la zone euro). Nous considérons que nous avons la possibilité d'y doubler la vitesse de croissance de nos activités par rapport à ce que nous avons connu ces trois dernières années", a déclaré jeudi à la presse Séverin Cabannes, directeur général délégué de Société générale.

"Nous avons des positions de force dans chacun de nos métiers et nous avons donc décidé d'allouer plus de ressources en Allemagne, en termes de capital et de liquidité", a-t-il ajouté, avant d'indiquer que le groupe allait y recruter près de 200 nouveaux collaborateurs dans les prochains mois.

Confrontées à un environnement de taux bas conjugué à des perspectives de croissance anémique en France et inégales dans les pays émergents, les banques françaises considèrent logiquement l'Allemagne comme un marché incontournable. En ligne de mire, les besoins de financement du "Mittelstand", vaste tissu économique constitué de milliers d'entreprises moyennes, pour la plupart non cotées.

Les économistes interrogés par Reuters s'attendent à ce que l'économie allemande progresse de 1,4% en 2015, après +1,5% en 2014. Même si cette croissance devrait essentiellement être alimentée par la baisse des cours du pétrole et un euro faible -le traditionnel moteur de l'export ayant perdu de sa vigueur ces derniers mois, elle devrait largement dépasser celle de la France dont le PIB est attendu en hausse de 0,8% cette année.

"L'économie allemande doit faire face actuellement à toute une série de vents contraires", analyse Ludovic Subran, chef économiste de l'assureur-crédit franco-allemand Euler Hermes.

"Les risques sur les perspectives à l'export s'accroissent, le risque géopolitique russe continue de peser et la France, le premier partenaire commercial, est toujours à la peine. Mais l'Allemagne restera, et de très loin, le plus gros contributeur à la création de richesses dans la zone euro cette année", ajoute-t-il.   Suite...

 
Société générale entend accélérer sa croissance en Allemagne dans l'espoir de capter une part de marché plus importante au sein de l'économie la plus puissante de la zone euro et dont le secteur bancaire, encore très fragmenté, est amené à se consolider. /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier