Le franc suisse laissé libre de monter, choc pour les marchés

jeudi 15 janvier 2015 16h49
 

par Alice Baghdjian et Silke Koltrowitz

ZURICH (Reuters) - La Banque nationale suisse (BNS) a pris les marchés financiers par surprise jeudi en annonçant l'abandon du cours plancher du franc suisse, ce qui a fait bondir la devise face à l'euro et chuter les actions des grands groupes helvétiques, dont les ventes à l'export risquent de souffrir.

La décision a d'autant plus choqué les investisseurs que les dirigeants de la BNS décrivaient il y a quelques jours encore le plancher de 1,20 franc pour un euro, instauré en septembre 2011 en pleine crise de la zone euro, comme le pilier de leur politique monétaire.

Leur revirement inattendu a provoqué une envolée du franc, qui a pris jusqu'à 30% face à l'euro dans les minutes suivant l'annonce.

Il intervient une semaine avant la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) au cours de laquelle elle pourrait annoncer le lancement d'un plan d'achats d'actifs qui se traduirait probablement par une nouvelle baisse de l'euro.

"Les mesures prises aujourd'hui par la BNS sont un tsunami, pour le secteur exportateur et le tourisme, et au final pour le pays tout entier", a réagi Nick Hayek, le directeur général du géant suisse de l'horlogerie Swatch.

Le président de la BNS, Thomas Jordan, a démenti lors d'une conférence de presse avoir cédé à un mouvement de panique, expliquant que le cours plancher du franc n'était tout simplement plus tenable.

"Quand on décide d'abandonner une telle politique, on doit prendre les marchés par surprise", a-t-il ajouté.

Pour tenter de décourager l'afflux d'argent frais en Suisse, la banque centrale a abaissé d'un demi-point, à -0,75%, le taux négatif sur les dépôts bancaires au-delà d'un certain seuil, instauré le mois dernier pour la première fois depuis les années 1970.   Suite...

 
Bureau de change à Genève. La Banque nationale suisse a pris les marchés financiers par surprise jeudi en annonçant l'abandon du cours plancher du franc suisse, ce qui a fait bondir la devise face à l'euro et chuter les actions des grands groupes helvétiques, dont les ventes à l'export risquent de souffrir. /Photo prise le 15 janvier 2015/REUTERS/Pierre Albouy