Valls veut isoler les détenus radicaux, muscler le renseignement

lundi 12 janvier 2015 12h12
 

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a évoqué lundi de premières pistes pour renforcer la lutte contre la menace terroriste en France, notamment la possibilité d'isoler des détenus déjà radicalisés des autres, tout en se montrant prudent sur l'idée d'un "Patriot Act".

Le Premier ministre, qui a confirmé le maintien à son plus haut niveau du plan Vigipirate, a déclaré sur RMC et BFM TV souhaiter que des mesures soient prises très rapidement mais en faisant primer "le droit" et "la démocratie", après les attentats qui ont fait 17 morts la semaine dernière.

"Il faut (...) réfléchir vite, pas dans quelques mois, réfléchir très vite aux dispositifs qui doivent être améliorés pour renforcer la sécurité de nos compatriotes", a-t-il dit.

"S'il faut, à une attaque exceptionnelle par sa violence et sa barbarie, une réponse d'une très grande fermeté, et donc une réponse exceptionnelle, pour cela elle doit reposer sur le débat, la concorde nationale et dans le cadre du Parlement, nous en reparlerons", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a toutefois déjà évoqué les pistes de réflexion de l'exécutif, autour de deux points essentiels : le renseignement, dans lequel des failles ont sans doute empêché d'éviter les attentats, et la prison.

Chérif Kouachi, auteur avec son frère Saïd de l'attentat contre Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts, et Amedy Coulibaly, meurtrier d'une policière et de quatre juifs dans une supérette casher, se sont rencontrés en prison.

"Il y a évidemment un travail sur les prisons (...) c'est une priorité majeure", a-t-il dit à l'heure où les autorités politiques et judiciaires s'inquiètent de la radicalisation des détenus, proposant d'isoler certains détenus.

"On sépare un certain nombre d'individus qui présentent un danger pour d'autres qui arriveraient en prison, puisqu'ils souhaiteraient les radicaliser", a-t-il proposé.

Le directeur de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) teste depuis la mi-octobre un regroupement des islamistes radicaux, pour voir si un tel "découpage" peut juguler la contagion. Une idée sur laquelle la ministre de la Justice Christiane Taubira s'est dite "très réservée" en fin d'année dernière.   Suite...

 
Manuel Valls, François Hollande et Bernard Cazeneuve à l'Elysée. Le Premier ministre a évoqué lundi de premières pistes pour renforcer la lutte contre la menace terroriste en France, notamment la possibilité d'isoler des détenus déjà radicalisés des autres, tout en se montrant prudent sur l'idée d'un "Patriot Act". /Photo prise le 10 janvier 2015/REUTERS/Philippe Wojazer