La Lituanie adopte l'euro sur fond de tensions avec la Russie

jeudi 1 janvier 2015 11h40
 

par Andrius Sytas

VILNIUS (Reuters) - La Lituanie a officiellement intégré jeudi la zone euro, un changement de monnaie qui vise entre autres à ancrer un peu plus le pays dans le camp européen au moment où la Russie fait étalage de sa force militaire dans la région.

Première république soviétique à avoir déclaré son indépendance en 1990, la Lituanie est ainsi, après l'Estonie et la Lettonie, le dernier des trois pays baltes à adopter la monnaie unique.

Elle devrait rester pendant plusieurs années le plus jeune membre de la zone euro car les autres pays candidats au sein de l'Union européenne devront patienter deux ans au minimum, et sans doute bien davantage.

En devenant le 19e membre du bloc, la Lituanie espère avant tout bénéficier d'une augmentation de ses échanges commerciaux et d'une diminution de ses coûts de financement.

Mais ce choix revêt aussi une signification géopolitique : en optant pour l'euro, la Lituanie se place encore plus clairement dans la sphère d'influence occidentale.

La monnaie unique est "un garant de notre sécurité économique et politique", a ainsi déclaré le Premier ministre, Algirdas Butkevicius, premier Lituanien à avoir retiré un billet de 10 euros à un distributeur de Vilnius.

Le rôle de la Russie dans la crise ukrainienne a ravivé les craintes dans les pays baltes. L'Otan a effectué en 2014 plus de 150 sorties aériennes en réponse à des déploiements d'avions russes, soit trois fois plus qu'en 2013.

Moscou, de son côté, a procédé en décembre à des manoeuvres militaires dans l'enclave de Kaliningrad, frontalière de la Lituanie, mobilisant pour l'occasion 9.000 soldats et 55 bâtiments.   Suite...

 
Caissière d'un magasin de Vilnius. La Lituanie a officiellement intégré jeudi la zone euro, un changement de monnaie qui vise entre autres à ancrer un peu plus le pays dans le camp européen au moment où la Russie fait étalage de sa force militaire dans la région. /Photo prise le 1er janvier 2015/REUTERS/Ints Kalnins