L'opinion allemande, frein à un traité UE-US, dit Pascal Lamy

jeudi 18 décembre 2014 16h01
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - L'opinion allemande pourrait être un des principaux freins au projet de partenariat transatlantique pour l'investissement et le commerce (PTIC), estime l'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy.

Les négociations entre l'administration américaine et l'Union européenne, commencées il y a un an mais enlisées dans les préliminaires, reprendront début février. Nul ne se hasarde aujourd'hui à prédire leur issue.

"La grande erreur est d'avoir fait comme si on négociait un accord de libre-échange à l'ancienne, qui traite de protection, alors qu'il s'agit de précaution, et ça change tout", souligne Pascal Lamy dans une interview à Reuters.

Dans le "vieux monde du commerce", il s'agissait de protéger les producteurs de la concurrence étrangère, avec des droits de douanes, explique-t-il. Dans la nouvelle configuration du commerce international, l'objectif est de protéger les consommateurs avec des normes et des standards.

Pour l'ancien directeur général de l'OMC, habitué des négociations multilatérales, c'est d'Allemagne que risquent de venir les plus grandes résistances au projet de partenariat transatlantique, cible de nombreux détracteurs en Europe.

L'instauration d'un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs privés et Etats (RDIE), qui suppose le recours à une juridiction internationale, constitue certes, avec les services financiers, un des points potentiels de blocage.

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L'opinion allemande pourrait être un des principaux freins au projet de partenariat transatlantique pour l'investissement et le commerce (PTIC), estime l'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy. /Photo prise le 18 décembre 2014/ REUTERS/Philippe Wojazer