17 décembre 2014 / 08:18 / il y a 3 ans

La crise des autoroutes pénalise le groupe Eiffage

La crise des sociétés d'autoroutes a des répercussions sur le reste des activités d'Eiffage qui font appel à l'investissement privé pour des infrastructures, selon le PDG du groupe de BTP et de concessions, Pierre Berger. /Photo prise le 28 août 2014/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - La crise des sociétés d‘autoroutes pénalise le reste des activités d‘Eiffage qui font appel à l‘investissement privé pour financer des infrastructures, a déclaré mercredi le PDG du groupe de BTP et de concessions, Pierre Berger.

Les concessionnaires autoroutiers français ont dit au gouvernement être prêts à un ralentissement des hausses de leurs tarifs, a-t-il également indiqué, lors d‘un entretien sur BFM Business.

“La crise des sociétés autoroutières françaises est en train d‘impacter le reste des business d‘Eiffage et je pense que c‘est aussi le cas chez notre collègue Vinci”, a déclaré Pierre Berger.

“On fait appel à des fonds d‘investissements, à des banques, à de la dette en dehors des autoroutes (...). Les investisseurs nous disent : ‘Ecoutez, nous on attend, on va voir ce qui se passe sur les autoroutes françaises, on va voir ce que fait l‘Etat français ; on n‘est pas sûr de continuer avec vous’”, a-t-il ajouté.

“Certains investisseurs dans Eiffage sont partis et ne reviendront plus, ils m‘ont dit (...) ‘c‘est trop risqué, trop compliqué’”.

La ministre de l‘Ecologie, Ségolène Royal, a souhaité mardi un gel des tarifs des autoroutes en 2015 et attend un effort d‘un milliard d‘euros des sociétés concessionnaires, qui pourrait prendre la forme d‘une taxe sur leurs bénéfices. Ces annonces ont pesé sur les cours de Bourse de Vinci et Eiffage.

Le gouvernement mène des pourparlers avec les sociétés d‘autoroutes, dont la Cour des Comptes et l‘Autorité de la Concurrence ont dénoncé les “rentes” dans des rapports récents. Les concessionnaires ont fait une série de propositions au gouvernement et attendent de connaître la suite que celui-ci entend leur donner.

“Nous sommes prêts à étudier éventuellement un ralentissement de la hausse des tarifs par un étalement sur plus d‘années du remboursement des travaux que nous faisons sur les autoroutes”, a confirmé le PDG d‘Eiffage. “Il y a une clause de superprofits au-delà d‘un seuil de rentabilité qui est envisagée”, a-t-il ajouté.

Eiffage est actionnaire aux côtés de l‘australien Macquarie des sociétés APRR et AREA, qui exploitent près de 2.300 km d‘autoroutes en France.

Pierre Bergé a en outre confirmé des informations du quotidien Les Echos selon lesquelles l‘Etat et les sociétés d‘autoroutes ont conclu en 2013 un accord prévoyant une hausse des tarifs pour compenser l‘augmentation d‘un taxe acquitée par les concessionnaires.

Selon Les Echos, la hausse des tarifs prévue atteint 1,5% sur 2015-2018, dont +0,5% en février 2015, qui s‘ajouteraient aux hausses annuelles classiques.

Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot

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