11 décembre 2014 / 14:09 / il y a 3 ans

Airbus baisse encore en Bourse, le groupe cherche à rassurer

L'action d'Airbus Group poursuit sa baisse jeudi au lendemain de perspectives jugées décevantes pour 2015 et 2016 que le groupe a de nouveau cherché à minimiser en précisant qu'il ne s'agissait que d'une tendance et en réaffirmant sa promesse d'une hausse des bénéfices à partir de 2017. /Photo d'archhives/REUTERS/Régis Duvignau

PARIS (Reuters) - L‘action d‘Airbus Group poursuivait sa baisse jeudi au lendemain de perspectives jugées décevantes pour 2015 et 2016 que le groupe a de nouveau cherché à minimiser en précisant qu‘il ne s‘agissait que d‘une tendance et en réaffirmant sa promesse d‘une hausse des bénéfices à partir de 2017.

La maison mère du constructeur aéronautique européen a déclaré mercredi anticiper un Ebit avant exceptionnels stable en 2016 par rapport à 2015, alors que le consensus cité par les analystes prévoyait une hausse de 8-9% aux environs de 4,7 milliards d‘euros, entraînant ainsi une chute de plus de 10% du titre, la plus forte en six ans.

La tendance se poursuivait jeudi, avec un recul de 5,72% à 40,70 euros vers 14h15, le titre accusant pour la deuxième séance d‘affilée la plus forte baisse du CAC 40, et portant son recul depuis le début de l‘année à 27% après un bond de 89% en 2013.

Le directeur financier Harald Wilhelm a tenté de convaincre les investisseurs que le groupe d‘aérospatiale et de défense n‘avait fourni qu‘une indication pour 2016 et rien d‘autre, en conclusion d‘une présentation de deux jours aux investisseurs organisée à Londres et retransmise en partie sur internet.

“Pour 2016, ce n‘est pas une prévision. Nous sommes à la fin de 2014 et il y a de nombreux paramètres sur lesquels nous travaillons”, a-t-il dit. “Ce que nous vous donnons est une tendance et l‘attention s‘est cristallisée hier sur 2016”.

L‘Ebit avant exceptionnels, prévu pour connaître une croissance modérée en 2014 comparé aux 3,6 milliards de 2013, devrait de nouveau augmenter en 2015. Après une stabilité en 2016, Airbus Group envisage de nouveau une progression en 2017, qui devrait s‘accélérer à partir de 2018.

Les cessions non seulement envisagées mais déjà engagées, voire exécutées, dans les deux ans à venir contribueront à l‘accélération de la croissance du bénéfice par action et à la génération de cash, a également fait valoir Harald Wilhelm.

“Certaines anticipations pour 2016 - la nôtre incluse - pourraient ne pas avoir suivi l‘évolution de la situation et s‘être avérées trop élevées, ce qui n‘est pas la faute d‘Airbus”, reconnaît Jefferies dans une note.

Le groupe a confirmé son objectif de marge opérationnelle de 6,3-7,3% pour 2015, mais avec un impact négatif de 50 points de base lié à un changement comptable. Harald Wilhelm avait déclaré par ailleurs mercredi que le cash-flow pourrait affichait un solde légèrement négatif en 2015 alors que le marché tablait sur un équilibre.

Des analystes ont également conclu dans leurs notes qu‘Airbus Group attendrait d‘avoir terminé la rationalisation de son portefeuille d‘actifs pour envisager le versement d‘un dividende exceptionnel.

Citi a constaté de son côté que l‘objectif de maintenir une trésorerie nette de huit milliards d‘euros ne laissait quasiment pas de marge pour un rachat d‘actions en 2015 ou 2016. Le marché comptait sur les recettes de la cession des 46,3% dans Dassault Aviation démarrée fin novembre et que les deux parties espèrent boucler d‘ici la fin 2015.

NOUVELLE VERSION DE L‘A380 À TERME

Une autre déclaration d‘Harald Wilhelm a également contribué à entretenir la défiance des investisseurs vis-à-vis du titre. Le directeur financier a dit mercredi que le programme de l‘A380 pourrait atteindre le seuil de rentabilité d‘ici 2018 “même si nous interrompions le projet”.

L‘hypothèse d‘un éventuel arrêt du programme a suscité l‘ire du président d‘Emirates Tim Clark.

Le patron de la compagnie aérienne de Dubai a dit à Reuters qu‘il était prêt à remplacer à terme les 140 A380 qu‘elle a commandés par une nouvelle version du très gros porteur équipée de moteurs améliorés de Rolls-Royce.

Le président exécutif d‘Airbus Fabrice Brégier a indiqué de son côté à Londres que l‘avionneur lancerait “un jour” une version élargie et/ou remotorisée de l‘A380, dont le potentiel reste selon lui important.

Airbus Group a également réaffirmé son objectif d‘amener le programme à l‘équilibre financier en 2015.

La baisse annoncée de la production du long-courrier A330 en deçà de neuf avions par mois n‘a pas surpris les analystes, mais les propos de la direction leur ont laissé supposer des pressions sur les prix plus fortes qu‘ils l‘anticipaient.

Les mésaventures de l‘A350, le dernier né d‘Airbus dont la première livraison prévue samedi a été reportée mercredi à une date encore non communiquée d‘ici la fin du mois, sont du coup passées au second plan.

Le responsable du programme Didier Evard a indiqué qu‘Airbus devait encore régler quelques “problèmes très mineurs” nécessitant des tests supplémentaires avant de livrer le premier exemplaire du long-courrier à Qatar Airways, la compagnie de lancement.

Avec Victoria Bryan à Berlin et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez

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