Mario Draghi porté inexorablement vers une action radicale

dimanche 7 décembre 2014 17h12
 

par Paul Taylor

FRANCFORT (Reuters) - La panne de croissance qui se prolonge en Europe et l'absence de pressions sur les prix, une tendance encore exacerbée par la glissade des cours du pétrole, portent inexorablement le président de la Banque centrale européenne vers une action radicale.

Malgré les réserves de la Bundesbank et de l'opposition d'une bonne partie de l'opinion publique allemande, Mario Draghi prépare le terrain à un large programme de rachats d'actifs au début 2015, probablement en mars, pour éloigner une fois pour toutes le spectre de la déflation dans la zone euro.

Depuis des mois, "Super Mario" cherche des soutiens pour ce qui serait l'action la plus forte en 15 ans d'histoire de la BCE - faire tourner la planche à billets pour racheter des obligations souveraines à une grande échelle, ce que les financiers appellent un assouplissement quantitatif (QE).

Par leur histoire, les Allemands sont allergiques à une telle politique qui leur rappelle le spectre de l'hyperinflation des années 1920. Pour eux, le QE risquerait en outre de créer des bulles financières et reviendrait à dispenser certains pays, les mauvais élèves de la classe européenne, de réformes économiques douloureuses. Les plus farouches adversaires vont jusqu'à parler de financement illicite des Etats membres, ce que ne permettent pas les statuts de la BCE.

Mario Draghi a retourné l'argument en sa faveur, affirmant que la BCE enfreindrait son mandat si elle ne faisait rien pour faire remonter l'inflation à un niveau proche de 2%, correspondant à sa définition de la stabilité des prix.

"Ne pas respecter notre mandat serait illégal", a-t-il dit à l'adresse des Allemands lors de sa conférence de presse de jeudi, à l'issue de la dernière réunion monétaire de la BCE cette année.

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La panne de croissance qui se prolonge en Europe et l'absence de pressions sur les prix, une tendance encore exacerbée par la glissade des cours du pétrole, portent inexorablement le président de la Banque centrale européenne vers une action radicale. Malgré les réserves allemandes, Mario Draghi prépare le terrain à un large programme de rachats d'actifs au début 2015, probablement en mars. /Photo prise le 4 décembre 2014/REUTERS/Kai Pfaffenbach