Les tests n'ont pas réglé tous les problèmes des banques

lundi 27 octobre 2014 12h26
 

par Laura Noonan

FRANCFORT (Reuters) - Les tests bancaires conduits sous l'égide de la Banque centrale européenne (BCE) ont certes fait apparaître des besoins de recapitalisation limités pour le secteur mais la révision à la hausse des encours de prêts douteux et la surévaluation d'actifs au bilan pèseront sur l'attractivité du secteur auprès des investisseurs.

La BCE a dit dimanche que les 130 principales banques de la zone euro, dont elle assurera la supervision directe à compter du 4 novembre, n'avaient que 25 milliards d'euros de déficit de fonds propres à la fin de l'année dernière sur la base de l'évaluation de la qualité de leurs actifs et des tests de résistance à d'éventuels chocs sur une période de trois ans.

Le montant des fonds à lever tombe même à moins de sept milliards d'euros après prise en compte des développements intervenus depuis le début de cette année, un montant bien inférieur à celui de 50 milliards que des investisseurs interrogés par Goldman Sachs en août avaient considéré comme un minimum pour juger les tests crédibles.

Au-delà de l'évaluation des besoins de recapitalisation du secteur, les résultats des tests sont loin de dissiper toutes les inquiétudes et la BCE ne s'y trompe pas puisqu'elle a souligné l'ampleur de la tâche qui reste à accomplir pour assainir le secteur.

L'examen l'a en effet conduite à relever l'encours des créances douteuses de 136 milliards d'euros, soit une hausse de 18%, et il fait apparaître 47,5 milliards d'euros de pertes supplémentaires liées à la surévaluation de certains actifs dans les bilans.

"Les banques sont confrontées à un défi significatif, le secteur demeurant chroniquement non rentable et devant s'attaquer à un encours de 879 milliards d'euros de prêts douteux, ce qui mobilisera des montants conséquents de fonds propres", relève le cabinet d'audit KPMG.

Jan Dehn, responsable de la recherche de la société de gestion Ashmore est plus catégorique. "Une banque européenne sur cinq présente un risque d'insolvabilité", estime-t-il en référence au fait que la BCE a fait état de 25 banques ayant échoué aux tests à la fin de l'année dernière.

Il ajoute que la politique d'injection de liquidités de la BCE pour relancer le crédit ne fonctionnera pas si les banques sont trop mal capitalisées pour prêter.   Suite...

 
Les tests bancaires conduits sous l'égide de la BCE ont certes fait apparaître des besoins de recapitalisation limités mais la révision à la hausse des encours de prêts douteux et un chiffrage à 47,5 milliards d'euros de pertes supplémentaires liées à la surévaluation de certains actifs dans les bilans pèseront sur l'attractivité du secteur auprès des investisseurs. /Photo d'archives/REUTERS/Leonhard Foeger