Pierre Moscovici juge sérieux le problème du déficit français

samedi 13 septembre 2014 16h31
 

PARIS (Reuters) - Le futur commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a déclaré samedi que le déficit de la France, revu à 4,4% fin 2014, était "un problème sérieux" qu'il aurait à examiner en tant que gendarme du pacte de stabilité.

Paris pousse en faveur d'une plus grande souplesse sur la question des déficits au sein de la zone euro afin de relancer une croissance atone. Le ministre français des Finances Michel Sapin a annoncé cette semaine que le déficit public avait augmenté en 2014 et que l'objectif de le ramener à 3% du PIB était repoussé à 2017.

La nouvelle trajectoire annoncée par la France, qui a déjà obtenu deux reports pour redresser ses comptes, en 2007 et 2013, n'est pas conforme à ses engagements, a réagi la Commission européenne.

"Les 4,4% de déficit, c'est un problème sérieux, c'est un problème qu'il faut traiter, c'est un problème qu'il m'appartiendra aussi d'examiner", a déclaré samedi Pierre Moscovici sur BFM Business.

Dans le cadre des discussions avec la France, "il faut partir de données objectives", a-t-il ajouté. "Par exemple, Michel Sapin évoque des circonstances exceptionnelles, le rôle de la Commission, c'est de voir si, au regard de nos règles, ces circonstances sont réellement exceptionnelles ou pas."

Pierre Moscovici, prédécesseur de Michel Sapin aux Finances en France, sera sous surveillance à Bruxelles, où il sera le représentant d'un pays jugé peu crédible dans sa lutte contre les déficits.

Il a déjà indiqué qu'il ne donnerait aucune dérogation à Paris sur le respect des règles de redressement de ses finances publiques, tout en précisant qu'il examinerait les efforts entrepris, les économies réalisées et les réformes menées.

"Quand on devient commissaire européen, on reste quelqu'un qui a sa nationalité (...) en même temps, on devient quelqu'un qui défend l'intérêt général européen", a-t-il répété samedi, estimant qu'il lui faudrait "naviguer" entre deux écueils, celui de "l'indulgence excessive" et celui de "l'approche purement punitive".

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Le futur commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a déclaré samedi que le déficit de la France, revu à 4,4% fin 2014, était "un problème sérieux" qu'il aurait à examiner en tant que gendarme du pacte de stabilité.  /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic