L'Eurogroupe accepte mal que Paris revienne sur sa promesse

vendredi 12 septembre 2014 19h44
 

par Francesca Landini et Martin Santa

BRUXELLES (Reuters) - Les libertés prises par la France avec la discipline budgétaire ne sont pas du goût d'un Eurogroupe qui s'emploie tant bien que mal à appliquer sa stratégie de sortie de crise pour relancer une économie de la zone euro à la peine.

Enhardi par les dernières mesures prises par la Banque centrale européenne (BCE) pour stimuler la croissance, le ministre des Finances Michel Sapin a annoncé mercredi que l'objectif de ramener le déficit budgétaire à la norme de 3% du PIB ne serait atteint qu'en 2017, alors que la France s'était déjà vu accorder un délai supplémentaire jusqu'en 2015 pour l'atteindre.

Des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) y ont vu rien moins qu'un affront alors que certains parmi les Dix-Huit se sont astreints à réduire de copieux déficits pour regagner la confiance des investisseurs.

"La France en a pris pour son grade et bien!", a dit un responsable de la zone euro. Un autre a dit que Michel Sapin n'avait pas été directement montré du doigt "mais les ministres n'étaient vraiment pas contents".

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a dit par la suite qu'il ne fallait pas "détricoter" les règles budgétaires de l'Union européenne (UE).

Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a déclaré que "le Pacte de stabilité et de croissance doit représenter un point d'ancrage de la confiance dans l'UE". Il a également dit que la situation budgétaire française n'avait pas fait l'objet de discussions particulières.

Jusqu'à présent, les marchés ont voté la confiance envers la France, dont la dette est extrêmement liquide mais les hautes sphères de la zone euro sont soucieuses de leur démontrer que les pays sont responsables et ne vivent pas au-dessus de leurs moyens.

  Suite...

 
Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe.  Les ministres des Finances de la zone euro acceptent mal les libertés prises par la France alors que certains parmi les Dix-Huit se sont astreints à réduire de copieux déficits pour regagner la confiance des investisseurs. /Photo prise le 4 septembre 2014/REUTERS/Laurent Dubrule