Le gouvernement pressé de couper plus dans ses dépenses

jeudi 11 septembre 2014 18h25
 

PARIS (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France a pressé jeudi le gouvernement de couper davantage dans les dépenses publiques après l'annonce d'un sérieux dérapage du déficit, ce qu'il refuse pour l'instant d'envisager même si la faiblesse de l'inflation menace son plan d'économies.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a annoncé mercredi que le déficit public augmenterait cette année à 4,4% du PIB contre 4,1% en 2013, après quatre ans de baisse.

Il reculerait à peine l'an prochain, à 4,3%, et ne reviendrait pas sous la limite européenne de 3% d'ici l'élection présidentielle de 2017, au lieu de 2015, en violation des engagements pris auprès des partenaires européens de la France.

"C'est l'heure du sursaut ou du déclin", a déclaré jeudi Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, sur Europe 1. "Il faut couper hardiment dans les dépenses, on y va beaucoup trop timidement."

Le gouvernement s'est fixé pour but un effort de 50 milliards d'euros sur les dépenses publiques sur la période 2015-2017, soit l'équivalent de 4% du total de celles-ci.

Mais ces économies sont en partie théoriques car mesurées par rapport à une hausse "tendancielle" des dépenses calculée par Bercy sur la base d'un rythme d'inflation beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui.

La Cour des comptes a estimé ainsi en juin que ces 50 milliards d'euros d'économies signifiaient que les dépenses de l'Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale augmenteraient de 62 milliards d'euros sur 2015-2017 au lieu de 112 milliards.

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Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a invité jeudi le gouvernement a coupé davantage dans les dépenses publiques et à mettre en oeuvre les réformes qu'il a annoncées. / Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau