Les "Abenomics" à la peine au Japon, les défis s'accumulent

mercredi 3 septembre 2014 09h06
 

par Linda Sieg et Tetsushi Kajimoto

TOKYO (Reuters) - Le plan du Premier ministre japonais pour que l'économie renoue avec une croissance auto-entretenue grâce aux "trois flèches" de l'assouplissement monétaire massif, des dépenses budgétaires et des réformes structurelles peine à atteindre sa cible mais aucune alternative ne semble se dessiner.

Shinzo Abe a formellement lancé la deuxième phase de son plan mercredi avec une équipe gouvernementale remaniée, faisant entrer un de ses rivaux mais conservant ses ministres-clefs.

Les conseillers et proches collaborateurs d'Abe promettent certes d'avancer sur le front des réformes structurelles tout en expliquant que les "Abenomics" bénéficient à l'ensemble du pays sans oublier de se préoccuper de la question du vieillissement de la population.

Mais une série d'indicateurs économiques décevants laissent penser que le succès n'est pas au rendez-vous et les seules solutions de secours envisagées à court terme sont de nouvelles injections de liquidités par la banque centrale ou le report d'une deuxième hausse de la TVA prévue pour octobre 2015.

"Les Abenomics sont à la peine parce qu'elles n'entrent pas en application assez vite", commente Robert Feldman, responsable de la recherche de Morgan Stanley MUFG à Tokyo qui, comme beaucoup d'autres, pense qu'Abe doit accélérer sur le front des réformes structurelles, notamment du marché du travail, pour stimuler la productivité.

Un échec risque de laisser l'économie japonaise engluée dans un modèle de croissance et d'inflation durablement faibles ou pire dans l'incapacité d'enrayer un endettement public qui représente déjà plus de deux fois le produit intérieur brut, un niveau sans comparaison dans aucun autre grand pays développé.

La cote de popularité d'Abe, qui évolue actuellement autour de 50%, est très dépendante de la santé de l'économie. Une majorité de Japonais est favorable à un report de la hausse à 10% du taux de TVA prévue pour l'année prochaine après que le relèvement de 5% à 8% entré en vigueur en avril a ébranlé une reprise encore fragile.

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Dans la zone industrielle de Kawasaki, au sud de Tokyo. Le plan du Premier ministre japonais pour que l'économie renoue avec une croissance auto-entretenue grâce aux "trois flèches" de l'assouplissement monétaire massif, des dépenses budgétaires et des réformes structurelles peine à atteindre sa cible mais aucune alternative ne semble se dessiner. /Photo d'archives/REUTERS/Toru Hanai