Le PDG de GDF Suez n'attend pas de coupure du gaz russe

jeudi 28 août 2014 16h17
 

PARIS (Reuters) - GDF Suez ne s'attend pas à ce que la Russie suspende ses livraisons de gaz vers l'Europe ce qui ne l'empêche pas de préparer des plans d'urgence pour cet hiver et au delà, a déclaré jeudi son PDG Gérard Mestrallet.

Les tensions persistantes entre l'Ukraine et la Russie, accusée par Kiev de soutenir des rebelles séparatistes dans l'est du pays, font craindre à un certain nombre d'observateurs que Moscou utilise l'arme du gaz pour faire pression sur l'Occident.

"La tension demeure. Les entreprises se préparent aux différents cas de figure, à la fois à court terme, c'est à dire pour cet hiver, et également sur le moyen et long terme", a déclaré Gérard Mestrallet sans donner davantage de précisions.

La Russie représente 17% des contrats d'approvisionnement à long terme en gaz de GDF Suez et moins de 15% de ses approvisionnements globaux.

"La Russie a un intérêt majeur à vendre ses hydrocarbures, charbon, pétrole et gaz à l'Europe qui est son premier acheteur, et l'Europe a intérêt à avoir dans sa panoplie de ressources énergétiques des hydrocarbures d'origine russe", a-t-il dit.

La situation est selon lui bien différente de ce qui s'est produit lors de la précédente crise russo-ukrainienne parce que le gaz russe peut désormais être acheminé par le gazoduc Nord Stream qui relie la Russie à l'Allemagne pour atteindre l'Europe.

"Je ne pense pas du tout qu'il soit crédible que la Russie coupe l'approvisionnement de l'Europe, celui de l'Ukraine oui, si l'Ukraine ne paie pas. Mais s'arrêter de vendre à ceux qui paient ce n'est pas dans l'intérêt de la Russie."

(Michel Rose, Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Joanny)

 
Le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, ne s'attend pas à ce que la Russie suspende ses livraisons de gaz vers l'Europe, ce qui n'empêche pas le groupe français de préparer des plans d'urgence pour cet hiver et au delà. /Photo prise le 28 août 2014/REUTERS/Benoît Tessier