Au Brésil, Marina Silva marque des points aussi sur les marchés

jeudi 28 août 2014 15h25
 

par Walter Brandimarte

RIO DE JANEIRO (Reuters) - La perspective d'une victoire de la candidate écologiste Marina Silva à la présidentielle brésilienne du 5 octobre commence à séduire une partie des investisseurs, avant tout parce qu'elle leur éviterait quatre ans de plus de présidence de Dilma Rousseff.

Les politiques menées par cette dernière au cours de son premier mandat sont si impopulaires dans les milieux financiers qu'une petite phrase y circule selon laquelle "Marina est une roulette russe mais Dilma est un revolver complètement chargé".

La formule illustre la défiance que conservent nombre d'investisseurs envers Marina Silva, réputée pour sa versatilité politique, son manque d'expérience du pouvoir et son attachement à l'écologie y compris aux dépens de la croissance.

Mais la hausse récente de la Bourse brésilienne, qui a accompagné celle des intentions de vote en sa faveur, suggère que, pour l'instant au moins, les marchés sont prêts à beaucoup lui pardonner.

L'indice Bovespa des valeurs brésiliennes a gagné 10% ces deux dernières semaines, et 1,89% sur la seule séance de mercredi au lendemain d'un débat télévisé entre les deux candidates au terme duquel Marina Silva a été donnée gagnante.

Les sondages publiés mardi soir et mercredi matin montrent que la candidate du Parti socialiste brésilien (PSB), désignée la semaine dernière après le décès d'Eduardo Campos dans un accident d'avion, l'emporterait nettement sur la présidente sortante en cas au second tour le 26 octobre.

Cette femme au physique frêle, connue pour sa foi évangéliste mais populaire auprès de la jeunesse urbaine éduquée, est déjà comparée à certains dirigeants étrangers qui ont su profiter du désir de changement d'une partie importante de l'électorat.

Ian Solot, responsable de la stratégie d'investissement de Brown Brothers Harriman à Londres, trace ainsi un parallèle avec l'Indien Narendra Modi, vainqueur cette année d'un scrutin majeur dans un autre grand pays émergent en proie au ralentissement économique.   Suite...

 
LA PRÉSIDENTIELLE BRÉSILIENNE