27 août 2014 / 15:28 / il y a 3 ans

Pas d'action de la BCE sans nouveau recul de l'inflation

FRANCFORT (Reuters) - Une nouvelle initiative de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) est peu probable la semaine prochaine à moins que les chiffres de l‘inflation au sein de la zone euro pour le mois d‘août, qui seront publiés vendredi, ne fassent apparaître un risque significatif de déflation, ont dit des sources internes à la banque centrale.

Une nouvelle initiative de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) est peu probable à moins que les chiffres de l'inflation au sein de la zone euro pour le mois d'août ne fassent apparaître un risque significatif de déflation, selon des sources internes à la banque centrale. La tonalité très accommodante des propos du président de la BCE lors de la rencontre des banquiers centraux la semaine dernière a alimenté les spéculations sur un éventuel programme massif de rachats d'actifs. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

La tonalité très accommodante des propos du président de la BCE lors de la rencontre des banquiers centraux à Jackson Hole la semaine dernière a alimenté les spéculations sur un éventuel programme massif de rachats d‘actifs.

S‘affranchissant du texte de son discours, Draghi avait déclaré à Jackson Hole que “les marchés financiers ont indiqué que les anticipations d‘inflation montraient des baisses significatives sur tous les horizons”, au mois d‘août.

Les nouvelles données sur l‘inflation, ainsi que les projections actualisées des équipes de la BCE, devraient nourrir un débat animé sur l‘opportunité de nouvelles mesures d‘assouplissement monétaire lors de la réunion du conseil des gouverneurs de la banque centrale, le 4 septembre. De nouvelles initiatives sont peu probables mais pas exclues.

“L‘obstacle à l‘assouplissement quantitatif reste très important”, a déclaré l‘une des sources qui ont toutes requis l‘anonymat. Elle a précisé que les discussions pourraient se concentrer sur le renforcement des mesures existantes d‘assouplissement du crédit et d‘approvisionnement en liquidités.

“Il est difficile de dire qu‘il ne se passera rien. Cela dépendra dans une certaine mesure des données”, a ajouté la source.

La BCE s‘est refusé à tout commentaire.

“UN EURO PLUS FAIBLE POUR UNE EUROPE PLUS FORTE”

L‘inflation au sein de la zone euro pourrait tomber à 0,3% en rythme annuel an août contre 0,4% le mois précédent, selon une enquête Reuters auprès d‘économistes.

La BCE, qui a statutairement comme objectif une inflation proche mais inférieure à 2% l‘an, considère qu‘une hausse des prix inférieure à 1% constitue une “zone de danger”.

En juin, la BCE avait abaissé ses taux directeurs à de nouveaux plus bas records et annoncé un programme de refinancement ciblé (TLTRO) sur quatre ans pour les banques, dont une première tranche sera ouverte le 18 septembre.

Elle avait aussi dit vouloir accélérer ses préparatifs en vue du développement du marché des produits financiers adossés à des actifs (ABS).

Une modification des modalités des TLTRO peu avant leur lancement ne semble guère opportune. Les banques ont jusqu‘à jeudi pour transmettre à la BCE les informations sur leurs portefeuilles de prêts permettant de déterminer les montants auxquels elles peuvent prétendre dans le cadre de cette procédure de refinancement destinée à soutenir la distribution de crédit au sein de la zone euro.

La mise en oeuvre d‘un assouplissement quantitatif pourrait contribuer à affaiblir l‘euro et à soutenir la confiance des marchés financiers. Toutefois, certains responsables monétaires de la BCE le jugent inapproprié et ne sont pas convaincus de ses vertus.

Les responsables monétaires plus orthodoxes sont particulièrement réticents à l‘assouplissement quantitatif. Sabine Lautenschläger, ancienne vice-présidente de la Bundesbank et membre du directoire de la BCE, a déclaré le mois dernier qu‘un vaste programme de rachat d‘actifs ne serait justifié qu‘en cas de “réelle urgence”.

Une deuxième source a souligné que le discours de Draghi à Jackson Hole avait affaibli l‘euro, qui a encore reculé mercredi et touché un plus bas de 19 mois contre le franc suisse.

“Si nous ramenons l‘euro en dessous de 1,30 dollar, cela aide beaucoup”, a dit la source. “Nous avons besoin d‘un euro plus faible pour une Europe plus forte.”

Marc Joanny pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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