La BCE ouvre un débat que Paris tente de clore en France

lundi 25 août 2014 17h35
 

par Paul Carrel

FRANCFORT/PARIS (Reuters) - Ce n'est pas le moindre des paradoxes que de voir Arnaud Montebourg, l'un des responsables politiques européens les plus critiques à l'encontre de la Banque centrale européenne, poussé au départ d'un gouvernement français démissionnaire quelques heures seulement après un appel du président de la BCE Mario Draghi pour une politique budgétaire de soutien à la demande.

Mais quand en France l'éviction du contempteur de l'austérité budgétaire vise à trancher un débat interne à la majorité présidentielle sur la politique économique, les propositions du premier des responsables monétaires européens se placent d'emblée à l'échelle de la zone euro.

Fustigeant la réduction "dogmatique" des déficits (publics) et estimant que les choix n'étaient pas "figés", Arnaud Montebourg s'est posé en porte-parole des "frondeurs" de la majorité, une posture non dénuée d'arrière-pensées politiques alors que les ambitions s'affirment à droite comme à gauche dans la perspective de la présidentielle de 2017.

Son plaidoyer en faveur d'un soutien aux ménages a essuyé un démenti catégorique de l'exécutif, le chef de l'Etat demandant au Premier ministre reconduit "de constituer une équipe en cohérence avec les orientations qu'il a lui-même définies".

François Hollande et Manuel Valls n'avaient eu de cesse dans les jours précédents de souligner leur volonté de maintenir le cap de la réduction des déficits et des réformes structurelles en dépit d'une croissance en berne, d'un chômage record et de leur impopularité.

"CHANGEMENT BRUTAL ET PROFOND"

Intervenant vendredi à l'occasion du grand rendez-vous de rentrée des banquiers centraux à Jackson Hole, aux Etats-Unis, Mario Draghi a déclaré qu'il pourrait être "bénéfique pour l'orientation générale de la politique (économique)" que la politique budgétaire joue un plus grand rôle aux côtés de la politique monétaire de la BCE. Il a ajouté : "Je crois qu'il y a des marges de manoeuvre pour cela".   Suite...

 
A l'heure où l'exécutif français décide de trancher un débat interne à la majorité présidentielle sur la politique économique, le président de la BCE Mario Draghi (photo) ouvre la voir à une politique budgétaire de soutien à la demande et se montre plus enclin au soutien budgétaire qu'à l'austérité. /Photo prise le 8 mai 2014/REUTERS/François Lenoir