En évinçant Montebourg, Hollande soigne l'Europe, les entreprises

lundi 25 août 2014 14h34
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Avec un remaniement "anti-Montebourg", François Hollande affirme sa politique pro-entreprises et ménage l'Europe en refusant une confrontation que la France aborderait en position de faiblesse.

L'exclusion du ministre de l'Economie n'est pas encore officielle - la composition du nouveau gouvernement sera annoncée mardi -, mais le communiqué de l'Elysée ne laisse guère de place au doute.

Deux jours après les nouvelles attaques d'Arnaud Montebourg contre la politique économique, le président a ainsi demandé à Manuel Valls "de constituer une équipe en cohérence avec les orientations qu'il a lui-même définies".

En sanctionnant Arnaud Montebourg, François Hollande a pris un risque calculé, celui d'attiser la fronde de l'aile gauche du Parti socialiste qui demande elle aussi de soutenir davantage les ménages.

Le remaniement intervient à la veille de l'ouverture de l'université d'été du Medef, offrant au Premier ministre, qui s'y exprimera mercredi, une tribune de choix pour tenter de rallier les chefs d'entreprise à sa cause, une position historiquement délicate pour la gauche française.

L'exécutif juge que regagner la confiance des entreprises est indispensable pour relancer l'investissement et les embauches et sortir ainsi la France de sa situation de croissance zéro et de hausse du chômage.

Rappel à l'ordre gouvernemental à l'appui, Manuel Valls pourra affirmer avec encore plus de force que le débat économique a été tranché une fois pour toutes avec comme cap le soutien à l'offre, c'est-à-dire la baisse du coût du travail réclamée depuis longtemps par les chefs d'entreprise.

C'est le premier point sur lequel les critiques d'Arnaud Montebourg ont fait mal.   Suite...

 
Avec un remaniement "anti-Montebourg", François Hollande affirme sa politique pro-entreprises et ménage l'Europe en refusant une confrontation que la France aborderait en position de faiblesse. Le remaniement intervient à la veille de l'ouverture de l'université d'été du Medef, offrant au Premier ministre une tribune de choix pour tenter de rallier les chefs d'entreprise à sa cause. /Photo prise le 17 décembre 2012/REUTERS/Philippe Wojazer