L'Argentine cherche à reprendre le contrôle de sa dette

mercredi 20 août 2014 07h47
 

par Sarah Marsh et Walter Bianchi

BUENOS AIRES (Reuters) - La présidente Cristina Fernandez a présenté mardi un projet de loi visant à convaincre ses créanciers obligataires d'échanger leurs titres contre de nouvelles dettes régies par le droit argentin, une initiative qui illustre la volonté de Buenos Aires de s'affranchir des décisions de la justice américaine.

L'Etat argentin est en défaut technique depuis le mois juillet après le jugement d'un tribunal new-yorkais qui a bloqué le versement de 539 millions de dollars d'intérêts aux détenteurs de dettes restructurées après un précédent défaut en 2002.

Le juge américain Thomas Griesa a estimé que l'Argentine ne pouvait pas procéder à ce paiement tant qu'elle n'aurait remboursé les fonds d'investissement qui avaient rejeté la restructuration de la dette et exige un paiement de la totalité du capital émis initialement.

Cette décision a débouché sur des échanges de plus en plus tendus entre les autorités argentines et la justice américaine. L'Argentine estime que le non-paiement des intérêts dus au 30 juin ne la place en situation de défaut et reproche au juge Griesa d'avoir outrepassé ses pouvoirs en empêchant ce paiement.

Dans ce contexte, le projet de loi dévoilé mardi semble constituer une tentative de Buenos Aires pour reprendre le contrôle de la gestion de sa dette publique.

"Si les détenteurs d'obligations décident - à titre individuel ou collectif - de demander un changement de la législation et de la juridiction de leurs obligations (...), le ministère de l'Economie est autorisé à mettre en oeuvre un échange contre de nouvelles obligations de droit local", a déclaré Cristina Fernandez lors d'une allocution télévisée.

Un nouvel échange de titres ne serait pas dénué de risques juridiques, estiment des analystes. Quoi qu'il en soit, l'annonce du projet de loi éloigne l'espoir d'une résolution prochaine du contentieux entre Buenos Aires et les fonds spéculatifs, donc celui d'une sortie rapide du défaut.

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Ministère de l'Economie argentin, à Buenos Aires. La présidente Cristina Fernandez a présenté un projet de loi visant à convaincre ses créanciers obligataires d'échanger leurs titres contre de nouvelles dettes régies par le droit argentin, une initiative qui illustre la volonté de Buenos Aires de s'affranchir des décisions de la justice américaine et de reprendre le contrôle de sa dette. /Photo prise le 18 juin 2014/REUTERS/Enrique Marcarian