La Bundesbank éconduit la France sur la croissance

mercredi 13 août 2014 12h36
 

PARIS (Reuters) - Le président de la Bundesbank presse la France de tenir ses engagements en matière de réduction des déficits publics et d'agir pour créer des conditions favorables à la croissance, sans attendre qu'elle arrive de l'extérieur.

Après le gouvernement allemand la semaine passée, Jens Weidmann oppose une fin de non-recevoir à l'appel lancé par François Hollande à Berlin pour que l'Allemagne contribue à la relance de la croissance en Europe.

Son avertissement est lancé dans une interview publiée mercredi par Le Monde à la veille de l'annonce des chiffres de la croissance française pour le deuxième trimestre, attendue à +0,1% par les économistes interrogés par Reuters.

Venant après la stagnation constatée au premier trimestre, un tel chiffre mettrait à mal la prévision d'un PIB en hausse de 1% retenue par le gouvernement français pour 2014 et, partant, son objectif de ramener le déficit public à 3,8% du PIB cette année avant 3,0% en 2015.

Le Premier ministre Manuel Valls a préparé le terrain à de mauvaises nouvelles sur ces deux fronts en déclarant son intention de continuer à réduire les déficits à un rythme "compatible" avec la croissance.

S'agissant de l'appel lancé à l'Allemagne, Jens Weidmann, qui est également membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, se déclare "sceptique quant à l'idée que l'on puisse réclamer plus de croissance durable depuis l'extérieur".

"Ce n'est ni aux gouvernements voisins, ni à la Banque centrale européenne, mais à chaque gouvernement de créer chez lui un environnement favorable à l'innovation des entreprises et à l'emploi", dit-il.

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Dans une interview au Monde, le président de la Bundesbank Jens Weidmann estime que la France doit exercer son leadership en Europe en donnant le bon exemple, notamment en matière budgétaire. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach