August 11, 2014 / 6:05 AM / 3 years ago

Le chinois State Grid tisse sa toile autour de la Méditerranée

5 MINUTES DE LECTURE

Le réseau régional de transport et de distribution d'électricité que la Commission européenne appelle de ses voeux est en train de voir le jour petit à petit mais c'est la Chine qui en est à l'origine: State Grid Corporation of China (SGCC), le plus grand groupe mondial de services aux collectivités par le chiffre d'affaires, multiplie les prises de participations au Portugal, en Italie et peut-être bientôt en Grèce et en Espagne. /Photo d'archives/Max Rossi

PARIS/HONG KONG/MILAN (Reuters) - Le réseau régional de transport et de distribution d'électricité que la Commission européenne appelle de ses voeux est en train de voir le jour petit à petit mais c'est la Chine qui en est à l'origine, en multipliant les prises de participations au Portugal, en Italie et peut-être bientôt en Grèce et en Espagne.

Avec sa montagne de cash et sa réputation de non-interventionnisme dans le management des entreprises, State Grid Corporation of China (SGCC), le plus grand groupe mondial de services aux collectivités par le chiffre d'affaires, n'a pas de mal à tisser sa toile autour de la Méditerranée alors que les acteurs locaux se replient sur eux-mêmes ou rechignent à des alliances transfrontalières le plus souvent mal vues.

La compagnie nationale, qui sert 1,1 milliard de clients dans 90% de la Chine, a tout à gagner en s'implantant en Europe puisque les projets y sont plus rentables que sur son marché domestique. Et ses propres critères de rendement relativement faibles lui donnent un avantage sur les fonds d'infrastructures occidentaux ou ses concurrents européens en quête de retours plus intéressants.

"Quand nous investissons à l'étranger, nous ne faisons pas de la charité", a récemment déclaré un responsable du département de développement international de State Grid.

A mesure que se constitue le portefeuille, State Grid pourra songer à relier ses actifs autour de la Méditerranée et équilibrer ainsi son offre sans craindre d'être pris de court lors de pics de consommation et de devoir alors négocier avec un concurrent.

Le groupe chinois a acquis en 2012 25% de l'opérateur portugais REN (Redes Energeticas Nacionais), puis le mois dernier il a fait son entrée en Italie avec le rachat annoncé de 35% de CDP Reti pour au moins 2,1 milliards d'euros.

CDP Reti, filiale de la Caisse des dépôts italienne, détient 30% du groupe de transport de gaz Snam et s'apprête à recevoir une participation équivalente dans le réseau d'électricité Terna.

State Grid, en association avec Terna et le belge Elia, est par ailleurs en lice pour la privatisation de 66% de l'opérateur grec Admie et il convoite également le réseau exploité dans le nord de l'Espagne par le groupe allemand E.ON, ont dit des sources à Reuters.

E.ON a lancé le processus de vente pour sa filiale qui sert 650.000 clients et il espère en tirer jusqu'à un milliard d'euros, selon une source au fait du dossier. Les premières offres sont attendues dans les prochains jours.

D'autres Groupes Chinois à L'affût

"Après les récents investissements de SGCC en Europe du Sud, on peut en effet parler de positionnement stratégique dans la région", a déclaré à Reuters Yiannis Yiarentis, PDG d'Admie en Grèce.

Patient et discret, State Grid n'investit que là où il est le bienvenu -l'OPA hostile n'est pas dans sa culture- et profite des opportunités que représentent les privatisations dans les pays financièrement fragiles du sud de la zone euro.

Le vice-président exécutif de State Grid, Zheng Baosen, avait dit à Reuters l'an dernier que la Chine était disposée à investir encore davantage dans le secteur de l'électricité en Europe "si le prix est correct."

Le groupe public a par ailleurs acquis des réseaux d'électricité au Brésil, aux Philippines, en Australie et à Hong Kong et ses actifs à l'étranger dépassent maintenant les 23 milliards de dollars (17 milliards d'euros).

Le bénéfice de ses opérations hors de Chine a ainsi pu progresser à 3,2 milliards de yuans (388 millions d'euros) en 2013 contre seulement 800 millions en 2009.

China Grid n'est pas seul à lorgner le marché européen, des producteurs chinois d'électricité sont également présents. En 2011, China Three Gorges a payé 2,7 milliards d'euros pour une participation de 21% dans Energias de Portugal (EDP) et le groupe serait, selon son partenaire portugais, à l'affût d'autres opportunités en Europe.

En octobre, les opérateurs nucléaires China General Nuclear Corporation et China National Nuclear Corporation ont été retenus avec les français EDF et Areva pour la construction d'un réacteur dans le sud de l'Angleterre, un projet de 19 milliards d'euros.

Véronique Tison pour le service français

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